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Zimbabwe Sainte Grâce Mugabe, la secrétaire qui voulait devenir présidente, coûte que coûte


Politique

Agenceecofin | | Commenter |Imprimer
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Il y a quelques jours au Zimbabwe, quatre jeunes, arrêtés pour avoir hué la première dame, ont été libérés, mais seulement sous caution. Quoi de plus normal pour ces impies qui ont osé écorner l’image de leur première dame de toute grâce ! Qu’importe leurs vaines protestations quand on sait le lumineux destin auquel se préparait celle que la majorité d’un pays surnomme, de façon affectueuse certainement, "Disgrâce". En effet, après avoir été tenu pendant de nombreuses années par l’époux Mugabe, le Zimbabwe se préparait à devenir l’Etat de Grâce.

A la surprise générale, le 6 novembre dernier, le président zimbabwéen Robert Mugabe a démis de ses fonctions Emmerson Mnangagwa, son vice-président. En plus d’avoir des relations très conflictuelles avec la première dame, ce dernier était son principal rival pour les éventuelles élections présidentielles.
Le chemin semblait alors balisé pour qu’en cas de passation de pouvoir, Grâce Mugabe succède à son époux, passé à la postérité pour être resté 37 ans au pouvoir. Mais ça, c’était sans compter sur l’armée, fidèle au vice-président limogé.

La pierre que rejetaient les liens du mariage

A l’Etat civil Grace Marufu, celle qui est aujourd’hui la première dame du Zimbabwe était à l’origine la secrétaire du président Mugabe, de 41 années son ainé. C’est à cette époque qu’aurait débuté une liaison entre le chef de l’Etat et sa secrétaire, alors que la première dame de l’époque souffrait d’importants problèmes de santé.
Scandale ? Non, transition. Après la mort de l’épouse du président, la très populaire Sally Mugabe, ce dernier se marie avec son ancienne secrétaire, en 1996. Devenue première dame, sa Grâce ne tarde pas à attirer la haine des Zimbabwéens. Dans un pays qui craint de crier trop haut son ras-le-bol envers un président inamovible, les goûts de luxe de sa nouvelle épouse, surnommée "Gucci Grace", sont décriés.

Il y a trois mois, accusée d’avoir agressé deux jeunes femmes, la première dame du Zimbabwe échappe à la justice sud-africaine.

Au fil des années et des scandales qui s’accumulent, Grâce Mugabe attire de plus en plus l’antipathie des Zimbabwéens. Il y a trois mois, accusée d’avoir agressé deux jeunes femmes, la première dame du Zimbabwe échappe à la justice sud-africaine, qui avait enclenché une procédure, aux côtés de son mari, venu participer à un sommet régional sur le sol de la nation arc-en-ciel. Le chef d’Etat rate même la dernière journée de l’évènement auquel il participe. Cette incartade n’est que le dernier épisode en date d’un chapelet de scandales liés au nom de Grâce Mugabe.
En plus d’avoir agressé à plusieurs reprises des journalistes, elle a été accusée en 2010 par Wikileaks, d’avoir gagné plusieurs millions de dollars grâce à la vente illégale de diamants. Malgré tout, le désamour du peuple zimbabwéen et les scandales ne semblent pas avoir entamé les rêves présidentiels de la première dame.

Bientôt à la tête du pays ?

Même si personne n’ose le dire, à 93 ans, il semble clair que le règne présidentiel de Robert Mugabe touche à sa fin. Affichant une santé qui décline de plus en plus, le président zimbabwéen attise la convoitise d’éventuels successeurs qui commencent à se mouvoir, prudemment. Dans cette partie de poker politique entre langues de bois et ambitions peu affichées, personne ne semblait avoir prévu la dernière main de Robert Mugabe, tant son ultime atout est inattendu. En effet, l’homme qui a dirigé son pays pendant près d’une quarantaine d’années, a choisi pour successeur son épouse. Désormais, on évite les scandales. Sa Très Présidentiable Grâce décide d’arrondir les angles et tente de gagner les faveurs des Zimbabwéens.

« Quand Dieu décidera que Mugabe doit mourir, nous présenterons son cadavre comme candidat sur les bulletins de vote », ironise-t-elle.

Fini la frénésie dépensière et les escarpins de créateurs italiens, la première dame soigne autrement son image. Elle obtient un Doctorat en philosophie et adopte un style vestimentaire un peu plus proche du Zimbabwe. Par ailleurs, elle organise des meetings au cours desquels elle démontre une de ses qualités jusque-là inconnue, sa capacité à tenir des meetings politiques. « Quand Dieu décidera que Mugabe doit mourir, nous présenterons son cadavre comme candidat sur les bulletins de vote », ironise-t-elle.

Pas seulement sarcastique, la première dame sait également se montrer conquérante. « Je dis à M. Mugabe : vous devriez me laisser prendre votre place », lance-t-elle devant une foule présente dans un stade de Harare. On est loin de celle qui avait déclaré ne pouvoir chausser que des Ferragamo à cause de ses pieds étroits. Plus tard, elle est nommée à la tête à la tête de la ligue des femmes de la Zanu-PF. Petit à petit, malgré quelques scandales et le désamour, toujours présent, d’une majorité de Zimbabwéens, très peu de choses semblaient pouvoir empêcher la marche vers la présidence de Grâce Mugabe. C’était sans compter sur un éventuel coup d’Etat contre son époux.

Le spectre d’un coup d’Etat

Dans la nuit du 14 au 15 novembre, l’armée zimbabwéenne, qui soutenait le vice-président limogé Emmerson Mnangagwa, a pris le contrôle de la ZBC, le groupe national de radiodiffusion. Le président Mugabe et sa Grâce seraient même assignés à résidence. Néanmoins, l’armée, dans un communiqué, affirme que le pouvoir est toujours entre les mains du plus vieux président de la planète. Coup d’Etat ? Non, transition assistée. D’après les premières informations, l’armée, qui ne voudrait pas endosser le statut de "putschiste", espère que le président présentera lui-même sa démission. C’est sans doute mal connaître Robert Mugabe qui semble déterminé à offrir à sa jeune moitié, le dernier cadeau de marque qui obsède ses nuits : le Pouvoir.

Mais pour une fois, depuis plusieurs mois, le chemin pavé d’or de Grâce Mugabe pourrait finalement se transformer en chemin de croix qui l’éloignerait des chaussures présidentielles. Comme un symbole, en Italie, Ferragamo, la marque chère à celle qui pourrait avoir un destin d’ex-future présidente du Zimbabwe, réalise d’énormes pertes pour l’exercice en cours. Le conte de fées prend des allures de drame pour Grâce Mugabe, qui devrait commencer à envisager de réduire son train de vie.

Servan Ahougnon



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