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Inter Fistule obstétricale: les femmes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus touchées (UNFPA)


Femme et santé

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L’agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive (UNFPA) a rappelé jeudi, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, que les femmes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus touchées.

Une fistule obstétricale est une perforation entre le canal de naissance et la vessie ou le rectum. Son apparition est directement liée à l'une des principales causes de mortalité maternelle : un travail difficile lors de l'accouchement ou l'absence de soins obstétricaux adéquats.

La fistule obstétricale a quasiment disparu des pays développés, car on y pratique des interventions en cas d'arrêt prolongé du travail, généralement des césariennes. Aujourd'hui, cette affection touche principalement les femmes et les filles qui vivent dans l'extrême pauvreté, en particulier celles qui habitent loin des services médicaux. Les plus exposées sont les adolescentes qui tombent enceintes alors qu'elles n'ont pas atteint leur plein développement physique.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime à plus de 2 millions le nombre de jeunes femmes vivant avec une fistule obstétricale non traitée en Asie et en Afrique subsaharienne. Chaque année à travers le monde, on compte 50.000 à 100.000 nouveaux cas de fistule obstétricale, la plupart chez des femmes pauvres vivant dans des cultures où le statut et l'estime de soi d'une femme peuvent dépendre presque entièrement de son mariage et de sa capacité à avoir des enfants.

Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d'une incontinence permanente, en ressentent de la honte et font l'objet d'une discrimination sociale. Cette affection évitable entraîne également à plus long terme des problèmes médicaux chroniques, tels que des infections cutanées, des troubles rénaux, voire le décès en l'absence de traitement.

De nombreuses femmes atteintes d'une fistule obstétricale vivent souvent pendant des années, voire des décennies, dans cet état car elles n'ont pas les moyens financiers de se faire soigner. Incapables de contrôler l'écoulement de l'urine, elles sont souvent abandonnées par leur époux et leur propre famille, ou bannies de leur communauté. Elles font face à la dépression, à l'isolement social et à une aggravation de la pauvreté.

« Les femmes et les filles touchées par la maladie, qui peut pourtant être évitée et est en grande partie traitable, souffrent souvent d’incontinence chronique. Par conséquent, elles sont confrontées à une stigmatisation sociale dévastatrice », a déclaré la Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Natalia Kanem, dans une déclaration à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la fistule obstétricale.

« La majorité des femmes et des filles atteintes de fistule sont pauvres. Leur incapacité à recevoir un traitement médical rapide les prive non seulement de leur santé et de leur dignité, mais constitue également une violation de leurs droits fondamentaux », a-t-elle ajouté.

La fistule obstétricale peut pourtant être évitée. Pour cela, il suffirait :

de repousser l'âge de la première grossesse,
de mettre fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables et
de permettre aux femmes d'avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux.

Elle peut aussi être traitée. Une opération chirurgicale existe, elle réussit dans 90% des cas simples et ne coûte que 300 dollars.

Selon l’UNFPA, le fait que la fistule obstétricale n'ait pas disparu témoigne des carences des systèmes de santé face aux besoins essentiels des femmes. Cette affection est l'un des exemples les plus révélateurs de leur inégalité d'accès aux soins de santé sexuelle, maternelle et reproductive.

L’agence onusienne distribue des fournitures médicales, assure des formations et procure des fonds en faveur de la prévention et du traitement de la fistule et propose des programmes de réinsertion sociale. Elle renforce également les services de santé maternelle et les services obstétricaux d'urgence afin de prévenir l'apparition de cette lésion.

L'AUTEUR
ONU


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