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Niger Lettre citoyenne ouverte au président de la République relative au cortège présidentiel


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Monsieur le président,

Les Nigériens que nous sommes vous ont porté à la magistrature suprême en 2011, après les multiples errements de notre démocratie, et ils étaient très nombreux à avoir cru à vos discours quand vous étiez dans l’opposition. Nous avions fortement espéré que, parvenu au pouvoir, vous seriez proche du peuple et en communion avec lui. Ils se rappelaient sans doute :

des bains de foule mémorables du président Diori Hamani (PSA) dans les années 60 et 70, à l’occasion des visites officielles des Chefs d’Etat étrangers dans notre pays ;
des visites en profondeur sur zone du président Seyni Kountché (PSA), dans l’hinterland et de ses visites inopinées dans les quartiers populaires et les structures étatiques ;
de l’osmose du Général Ali Saibou (PSA) avec le peuple, avec sa décrispation ;
des rapports directs du président Ibrahim Mainassara Baré (PSA) qui se déplaçait dans un véhicule accompagné d’un seul ou au plus de deux gardes du corps dans les rues de Niamey ;
Mais nous Nigériens, particulièrement résidant à Niamey, avons été très surpris par votre option du tout sécuritaire depuis votre avènement au pouvoir en avril 2011, qui fait de notre existence quotidienne, un enfer. Au point où l’on se demande ce que nous avons fait à Dieu pour mériter un tel sort ?

Que l’on nous comprenne bien : Il est universellement admis qu’en tant que président de la république, Chef de l’Etat, vous avez droit à une protection efficace, tant lointaine que rapprochée, et que vos déplacements à l’intérieur du pays et le parcours emprunté par votre cortège doit être sécurisé au maximum. C’est ainsi qu’à l’instar de tous les pays du monde, avant que votre cortège ne démarre, la sécurité présidentielle doit s’assurer que toutes les précautions et les garanties nécessaires ont été prises afin qu’il atteigne sa destination sans encombres. La sécurité présidentielle est en permanence hantée par l’idée d’un attentat sur la personne du président de la République, ce d’autant plus que le risque zéro n’existe pas. Mais pour autant, nous qui vous avons élu à plus de 92 %, méritons-nous de subir les désagréments quotidiens du fait de vos nombreux déplacements à l’intérieur et à l’extérieur du Niger ? Mesurez-vous réellement les désagréments que vous nous faites subir en termes de tracasseries quotidiennes du fait du blocage pendant de longues heures de la circulation par votre sécurité, le plus souvent longtemps avant votre passage ? Savez-vous que ces blocages de la circulation ont comme premier impact, celui de notre qualité de vie, puisque selon nos estimations, le temps d’immobilisation peut atteindre au minimum vingt (20) jours ouvrables par an.

Au vu de tous ces désagréments que nous subissons, je me pose les questions ci-après :

Pourquoi avez-vous tant peur de votre peuple qui, lors des dernières consultations électorales en 2016, vous a élu à plus de 92 % des voix au deuxième tour ? Ou alors, avez-vous en tête l’assassinat du président Baré, le 09 avril 1999 ? A moins que vous ne cherchiez à donner raison, vaille que vaille, à Voltaire qui a dit que « La crainte suit le crime et c’est son châtiment.»
De qui ou de quoi avez-vous donc si peur ? De nous qui vous avons élu par deux fois ou alors de ce fameux djihadiste nigérian, à propos duquel, lors d’une de vos sorties médiatiques, dont vous détenez seul le secret, vous aviez annoncé que son cadavre sera enterré au Niger ?
Vous êtes-vous jamais interrogé sur la raison pour laquelle vous êtes crédité d’avoir plus peur de la mort que tous vos prédécesseurs ?
Pensez-vous que ces mesures draconiennes de sécurité et ce déploiement d’armes sophistiquées de toutes sortes pourraient vous préserver de la mort ou alors vous y conformez–vous parce qu’elles vous ont été imposées par les responsables de votre sécurité ? Ne croyez-vous donc pas aux paroles du Sage Amadou Hampâthé Bâ qui a dit : "tu es entré dans une existence dont tu ne sortiras pas vivant, quoi que tu fasses".

le président,

Je suis comme vous le savez un ba’adaré comme vous, puisqu’ayant eu une maman issue d’une plus qu’honorable famille de l’Ader et nos parents, les adarawa, vous en convenez, sont réputés être sincères, honnêtes, travailleurs acharnés et courageux prêts à tous les sacrifices même, hors du Niger pour assurer les besoins de leur famille. C’est pour cette raison que j’ai du mal à comprendre comment un ba’adaré, réputé courageux et croyant, puisse se comporter de la sorte comme si le fait de se barricader de la sorte pourrait lui faire échapper à la mort, qui sera notre sort commun en tant qu’être mortel. Ne croyez-vous donc pas à la destinée qui veut que pour chaque être, la durée de la vie sur terre est comptée ? Allah (SWT) n’at-il pas dit : « Dès que leur terme est échu, ils ne peuvent le retarder, ni l’avancer d’une heure » (Chapitre 16, Verset 61)

Je vous rappelle que vous n’avez aucune raison d’avoir une telle peur de la mort, parce que s’il arrivait qu’un individu décide d’attenter à votre vie, Dieu nous en garde, vous seriez directement inscrit pour une vie éternelle au Paradis. Une raison valable de plus pour ne pas empoisonner notre vie dans la ville de Niamey par vos mesures impopulaires de restrictions de notre liberté de circulation au quotidien.

Et d’ailleurs que deviendrions nous, nous autres Nigériens s’il vous arrivait un malheur, vous par lequel, selon votre portrait dressé en 2014 sur le portail Internet de la présidence de la République, « … les citoyens ont établi leur bilan, et décidé enfin de confier leur destin aux femmes et aux hommes qui ont montré constance, courage, loyauté, volontarisme et compétence. Toutes vertus qui n’étaient pas les choses les mieux partagées par la plupart de ceux qui, deux décennies durant, avaient eu le privilège de conduire la barque Niger, non pas à bon port, mais… au chavirement… 2011, était l’heure d’arrêter la liste des Républiques « Gondwanaises », de suspendre le décompte des années perdues…beaucoup de Nigériens, fatigués de promesses de bien-être non tenues, …de ceux qu’ils ont naguère contribué à porter au pouvoir, sans en voir d’autre effet que la misère, l’injustice, l’insécurité ou tout simplement l’indifférence, ..Tous ces Nigériens vivent depuis….une gouvernance responsable ;

Grâce à l’Initiative 3 N, l’autosuffisance alimentaire – par où commence la dignité nationale – est une réalité. Le Niger,….a exigé et obtenu une juste rétribution de l’exploitation de son uranium. Les populations rurales, principales bénéficiaires des services sociaux de base, s’étonnent chaque jour de se voir dotées en quelques mois d’écoles, de dispensaires et d’adductions d’eau potable souvent attendues depuis quarante ans. …et rompu avec la faim, la soif et l’indifférence des dirigeants qui ont été leur lot quotidien pendant des décennies... ». Je dis bien que ce que j’ai lu à votre propos vous sur le site Internet de la présidence. Sans compter que vous avez fait « siffler le train pour la première fois au Niger après plusieurs décennies d’attente ».

Alors, que deviendrions-nous si d’aventure il vous arrivait un « accident malheureux dans les rues de Niamey ? Ce serait, assurément, j’en conviens, le plus grand drame du Niger voire de l’Afrique et nous serions inconsolables, c’est certain.

Mais pour autant, au vu des désagréments causés à nous autres habitants de Niamey et à leurs impacts sur notre économie, je vous prie, en tant que citoyen, au nom des liens de cousinage, de bien vouloir trouver une solution à leur calvaire puisque le proverbe africain dit bien que « la mort est l’habit que tout un chacun portera un jour ».

Comme l’un de mes amis croyant a l’habitude de dire, « si c’est écrit dans Le Grand Livre, vous finirez votre mandat présidentiel en paix. Et vous bénéficierez même d’un troisième, voire d’un quatrième mandat présidentiel ». Allah (SWT) a bien dit : « Ne sais-tu pas que Dieu connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre? Tout est inscrit dans un registre. Et cela est bien facile pour Dieu. » (Coran 22:70). Tout dépend donc de Sa volonté. Nos amis étudiants avaient l’habitude de dire pour se donner du courage en toute situation : « c’est l’homme qui a trop peur, sinon, il n’y a rien».

Je ne peux conclure ma lettre sans vous remercier d’avoir pardonné à mon jeune frère et ami Massaoudou et ancien camarade de parti pour avoir lorgné le « Fauteuil » (de tous nos malheurs ?) sans votre bénédiction.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma déférence.

Djibrilla Mainassara Baré

Citoyen Nigérien



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