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Cameroun La tension du retrait de la CAN 2019 ne retombe pas dans les journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

Avec virulence, les journaux camerounais parus lundi dénoncent ceux qui, à leurs yeux, sont les responsables du retrait au pays de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2019, un sujet supplantant de loin les autres sujets d’actualité.

Il y a comme un air de batailles feutrées entre membres du gouvernement, qui se rejettent les torts autour de ce que Mutations qualifie de saignée financière et de détournement de fonds, supposé ou réel, s’agissant des marchés d’infrastructures de la compétition dont le pays vient d’être dessaisi par la Confédération africaine de la discipline (CAF).

Sous le titre « Déballage sur fond de règlement de comptes», le quotidien à capitaux privés se fait ainsi l’écho des dénonciations inondant actuellement les réseaux sociaux, avec comme source des femmes et des hommes bien installés aux affaires.

Dix jours que l’organisation de la CAN a été retirée au Cameroun, les langues se délient et, au-delà de toutes les assurances données par le gouvernement, il s’avère, constate L’essentiel, que le pays n’était pas prêt à recevoir cette grand-messe du football continental en 2019.

«La nouvelle, qui n’a pas reçu un accueil favorable auprès des Camerounais, divise le sérail. Sur le banc des accusés, les membres du gouvernement directement impliqués dans l’organisation. Mais déjà les uns et les autres se rejettent la responsabilité du retard dans les chantiers.»

C’était la mafia dans l'attribution des contrats, avec la présidence de la République au cœur du système de racket, affirme The Post, évoquant des surfacturations et des retards prémédités dans l’attribution des prestations aux entreprises, avant de souhaiter que les auteurs de ces forfaits soient immédiatement jetés en prison.

Sur 51 marchés, révèle Émergence, 41 ont été attribués par la voie du système de gré à gré, et donc de l’urgence, une procédure qui «cache mal des surcoûts et des intérêts inavoués».

Ils sont 7, que l’hebdomadaire L’Avenir présente comme «responsables du fiasco de la CAN 2019» : le secrétaire général de la présidence de la République, mais aussi les ministres de l’Eau et de l’Énergie, des Postes et Télécommunications, des Marchés publics, du Tourisme, des Travaux publics et des Sports.

Et c’est la photo du dernier cité qui trône en grande ouverture de Défis Actuels : Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, dans ses «4 vérités», accuse certains de ses collègues du gouvernement d’avoir contribué au retrait de l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun, en même temps qu’il estime que l’attribution d’un très grand nombre de marchés à certaines entreprises, ne justifiant pas d’une expérience et d’une expertise avérées et ne disposant pas de fonds propres leur permettant de conduire diligemment les travaux, a également entravé la bonne exécution des travaux d’infrastructures.

Visiblement, le Cameroun n’était donc pas prêt pour organiser la CAN Total 2019 ! s’exclame L’essentiel au moment où son confrère, Intégration, se penche sur les remugles des investissements à perte : si aucune étude n’évalue clairement l’impact de ce «coup de massue» sur les affaires dans lesquelles les milieux d’affaires se sont engagés, il n’en demeure pas moins que l’élan euphorique des uns et des autres n’est plus le même.

Le Cameroun en général n’était certainement pas à jour de son cahier de charges, mais la région du Sud-Ouest, elle, était prête depuis 2 ans, affirme, dans The Sun, son gouverneur Bernard Okalia Bilaï.

«Il faudrait que les Camerounais apprennent à démissionner !» tonne, dans Le Quotidien de l’Économie, Françoise Puene, propriétaire d’hôtel qui affirme avoir temporairement fermé son établissement, investi des centaines de millions de francs pour la rénovation mais qui se retrouve aujourd’hui sur le carreau, du fait de l’irresponsabilité de certains dirigeants du pays.

Les incidences du retrait de la CAN 2019 au Cameroun sont diverses et variées, renchérit EcoMatin, invitant par ailleurs le gouvernement à revoir la Loi de finances de l’année prochaine dont plusieurs projections étaient arrimées à l’accueil de la compétition par le pays.




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