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Cameroun L’arrestation de l’écrivain Nganang et la crise anglophone préoccupent les journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

La controverse autour de la mise aux arrêts de l’écrivain et activiste Patrice Nganang, accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre le chef de l’Etat et des obscénités contre le couple présidentiel, mais également la crise sociopolitique sans fin dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ont continué d’animer les pages des journaux camerounais parus lundi.

S’agissant du premier sujet évoqué, le quotidien à capitaux privés Le Messager, rendant compte de son premier rendez-vous, vendredi dernier chez le juge, indique que l’audience a été renvoyée au 19 janvier 2018, ce qui veut dire que Patrice Nganang en a au moins pour un mois derrière les barreaux.

Mais, avance Le Jour, l’écrivain a d’ores et déjà plaidé non coupable, de quoi ambarrasser quelque peu le juge du tribunal de première instance de Yaoundé-centre administratif, qui risque de se retrouver face à un prévenu refusant toute collaboration.

Pour son avocat, Emmanuel Simh que cite Défis actuels, M. Nganang, arrêté le 6 décembre dernier à l’aéroport de Douala et écroué depuis le 13 suivant à la prison centrale de Yaoundé, est simplement «victime d’un règlement de comptes politique».

Et M. Nganang, selon InfoMatin, a déjà trouvé un autre avocat qui en a fait «sa mascotte» pour l’année électorale à venir : le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition) qui, en pleine récupération politique et son «soutien» affiché au «kamikaze», espère draguer l’électorat des déçus du régime, une technique est vieille comme le monde, mais qui par les temps qui courent révèle une ficelle trop grosse pour faire illusion.

S’agissant de la crise anglophone, et dans la bataille contre les sécessionnistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, L’Essentiel annonce les «bonnes nouvelles du front» : la semaine dernière, les forces de défense et de sécurité ont repris un important fief séparatiste, et continuent de ratisser le terrain dans les zones où les «rebelles » projetaient d’établir l’«Etat d’Ambazonie».

Prises pour cibles pendant des attaques armées, les forces spéciales donnent du répondant aux assaillants qui sont, à chaque tentative d’incursion, pris au dépourvu, arrêtés ou tués, l’arsenal saisi représentant quant à lui un véritable butin de guerre.

«Nord-Ouest et Sud-Ouest : l’armée et la police écrasent les assaillants», jubile InfoMatin : confrontés à la puissance de feu de l’armée camerounaise, plusieurs insurgés de l’Ambazonian Defence Forces (ADF) ont été tués, pendant que d’autres ont battu en retraite, «et le processus va se poursuivre jusqu’à ce que cette situation incommode que nous vivons soit éradiquée».

Ce renforcement des moyens de défense, explique le bihebdomadaire Repères, participe sans doute de la riposte vigoureuse annoncée par le président de la République le 30 novembre 2017, dans une déclaration faite à son retour du 5ème sommet Union africaine-Union européenne tenu à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Loin de cette euphorie guerrière, et selon The Sun, le gouvernement se met sérieusement à dos les influents chefs traditionnels des zones en conflit, qui condamnent les atrocités commises sur les sécessionnistes, réels ou supposés.

Le 13 décembre dernier à Mamfe (Sud-Ouest), étaye Repères, 5 responsables de l’Association des chefs traditionnels du département de la Manyu, dans une démarche républicaine, ont signé une déclaration condamnant avec véhémence les assassinats d’éléments des forces de défense et de sécurité, tout comme leurs exactions.

Tout en militant pour un retour à la normale, ils ont lancé un appel fort aux activistes de cesser les hostilités contre les forces de défense et de sécurité, et appelé le gouvernement à prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité des populations, faire régner un climat de sécurité dans le but de permettre aux réfugiés de regagner leurs domiciles.

«Pour les chefs traditionnels, ‘’la violence conduit à la violence’’. Le dialogue apparait dès lors que l’unique moyen qui garantit la paix.»

Les bavures sont d’autant plus à redouter, s’inquiète pour sa part The Post, que l’armée ne fait pas de quartier lors de ses opérations de ratissage, comme cela a été le cas dans le quartier Fiango à Kumba (Sud-Ouest) où des innocents ont été brutalisés sans ménagement.

Selon Le Messager, les députés du Front social démocratique (SDF), premier parti de l’opposition, ont déjà annoncé une rencontre entre leur leader, John Fru Ndi et le chef de l’État Paul Biya, question de s’entendre sur un minimum de conditionnalités permettant de ramener le calme dans ces zones tourmentées.

Le SDF, confirme The Sun, est en train de pousser les feux jusqu'à ce que Biya se rende aux appels pour un dialogue national visant au premier chef la question anglophone, dont la communauté ne cesse ne dénoncer sa marginalisation.



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