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Afrique Toujours pas d'accès aux réseaux sociaux dans les parties anglophones du Cameroun, malgré le retour de l'internet


Technologie

Agenceecofin | | Commenter |Imprimer
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Jeudi 20 avril 2017, le gouvernement camerounais par la voix de son ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary, annonçait que le président de la république Paul Biya, avait décidé de la remise de l'internet dans les deux régions anglophones de son pays, après trois mois de suspension.

Les choses sont effectivement revenues dans l'ordre depuis lors, sauf que les populations de cette partie du Cameroun, n'ont toujours pas accès aux réseau sociaux. Le constat est vite fait lorsqu'on rentre dans la zone de Tiko, la première ville sur la route reliant Douala à la région du sud-ouest. Si on peut accéder à la page d'acceuil facebook, on ne peut rien y faire d'autre. Il n'est, par exemple, pas possible de regarder des vidéos, de poster des messages, en bref faire toutes les autres activités qu'autorise l'accès aux réseaux sociaux. Le même constat est observé avec les autres plateforme, comme notamment Whatsapp, très utilisé dans le pays ou encore Linkedin, qui est pourtant un réseau de professionnels.

« La connexion à internet est même devenue meilleure qu'avant, on accède plus facilement aux interfaces de travail, comme vous pouvez le constater, mais comme vous avez aussi relevé, on a vraiment plus accès aux réseau sociaux et cela pèse beaucoup sur le travail collaboratif », a expliqué à Ecofin, le promoteur d'un incubateur de start-ups.

On se souvient qu'en même temps qu'il annonçait le rétablissement de l'internet dans la partie anglophone du Cameroun, le communiqué signé du ministre Tchiroma, avait prévenu, que le gouvernement se réservait « le droit de prendre les mesures appropriées pour éviter qu’internet ne soit utilisé à nouveau pour susciter la haine et la discorde entre Camerounais, ou pour créer des troubles à l’ordre public. »

La grande mobilisation autour de ce qu'on appelle aujourd'hui la crise anglophone s'était effectivement faite à travers des réseaux sociaux, notamment Facebook ou Whatsapp, un mode de communication très utilisé dans cette partie du pays, où une famille sur trois ou quatre à un de ses membres aux Etats-Unis ou en Angleterre, mais où se tissent aussi de nombreuses relations d'affaires avec le Nigéria voisin.

Des solutions de contournement qui sont limitées

A Buéa, les populations, notamment les jeunes, qui ne sont pas forcément des revolutionnaires et qui souhaitent rester connectés, ont trouvé une parade, via des applications spéciales, qui permettent de déverouiller Facebook ou Whatsapp. « Vous savez, le Cameroun n'est pas le seul pays où l'accès à ces réseaux est rendu difficile, nous avons simplement appris des autres pays comme par exemple en Chine », affirme, amusé, un jeune habitant de Buéa.

Mais il reconnaît aussi, que cette application pose un certain nombre de défis, car elle marche efficacement avec certains types de téléphones et en plus, elle ne permet pas de jouir de la pleine capacité qu'offrent les réseaux sociaux. « Le débit est trop lent et par exemple tu ne peux pas facilement télécharger ou transférer des videos. Mais ce n'est pas plus mal. Qui sait, parce que nous travaillons à trouver des solutions peut-être que nous pourrons développer un produit qui servira au-delà du Cameroun », a-t-il ajouté

Mais il faut dire que la situation n'est pas la même pour tout le monde. Certains grands hôtels, notamment de Limbe (situé à 30 minute de Buea) proposent un accès à l'internet, qui permet d'accéder aux réseaux sociaux de manière effective. Il nous a aussi été rapporté que c'est le cas dans certaines grandes entreprises.

Malgré le calme apparent qui est revenu, notamment dans les principales villes de la région du sud-ouest, la crise anglophone continue de faire parler d'elle de manière un peu plus choquante. Les attaques contre des forces de défense se multiplient, avec à la clé des morts d'hommes en uniforme.

La population elle est fortement divisée. Une partie d'entre elle continue d'attendre « le bon interlocuteur ». « Il ne s'agit pas de professeurs anglophones, ou encore de tous les problèmes que des gens évoquent sur des plateaux de télévision, pour nous c'est avant tout une question de vision et de leadership, nous ne faisons plus confiance à la façon dont les choses sont gérées actuellement. On peut le voir aujourd'hui avec les réseaux sociaux qui, bien sûr, ont été mal utilisés, mais sont important dans notre mode de vie », a confié un autre jeune.

Ironie du sort, l'accès aux réseau sociaux est coupé dans la partie du Cameroun où leur utilisation par des personnes à des fins de créativité est la plus remarquable. C'est à Buea en effet que se trouve la Silicon Mountain, nom emprunté de la fameuse Silicon Valley, qui désigne une communauté de jeune sorties de l'Université de Buea et qui a choisi de s'investir dans l'innovation et la créativité, via justement internet.

La grande question aujourd’hui est celle de savoir si cette prouesse technologie du blocage des réseaux sociaux, a été fait avec l’appui des opérateurs de téléphonie mobile que sont MTN, Orange et Nexttel. Peu de gens dans ces entreprises acceptent de parler de ce sujet, comme de la crise anglophone d’ailleurs.

Idriss Linge



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