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Cameroun La crise anglophone revient au-devant de la scène dans les journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

L’annonce, par le gouvernement, de l’envoi de missions spéciales de réconciliation d’élites dans les régions sous tension du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, aussitôt suivie du rejet de ladite initiative par les activistes anglophones, a réactivé la controverse dans les journaux camerounais parus lundi.

Le dialogue et les efforts pour un retour rapide de la paix se multiplient, salue le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, qui fait confiance aux plénipotentiaires du gouvernement qui ont, pour eux, l’avantage de parler à des interlocuteurs qu’ils connaissent bien.

Le président Biya, constate The Sun, en dépêchant ces élites sur un terrain transformé en chaudron, semble plutôt s’être trompé de timing.

En missionnant sur le terrain des délégations dites d’échanges et de réconciliation, le gouvernement ressert une recette du début de la crise qui n’a pas marché, avertit déjà Emergence qui s’interroge lourdement sur la sincérité des dirigeants à ramener une paix durable.

Pour Repères, rien à faire, c’est l’impossible dialogue : toutes les initiatives du gouvernement, visant à ramener la paix et la concorde dans ces zones, en proie à la crise sociopolitique depuis un an, buttent sur l’intransigeance des leaders de la contestation.

Mais InfoMatin voit plutôt le problème dans l’autre sens, estimant que ces élites, censées porter les voix de la population, n’ont en réalité aucune légitimité pour transmettre les doléances des masses laborieuses au sommet de l’Etat, une réflexion à rapprocher de l’attitude adoptée par plusieurs élites anglophones, depuis le début de la crise.

«Ce sont en effet ces personnes, supposées de terrain, qui voici un an ont d’abord claironné qu’il n’y avait ‘’pas de problème anglophone’’, qui à coups de rapports équivoques ont fini par rassurer le président de la République que la situation, créée par quelques agités en mal de publicité, était sous contrôle et qui, plus tard et en rasant les murs, ont parfois été pris en flagrant délit d’intelligence avec des activistes de la partition du Cameroun.»

«Régions anglophones : Philemon Yang indésirable», renchérit Le Messager à propos du Premier ministre, natif de ces régions frondeuses mais dont le laxisme est plus que jamais décrié.

Sous le titre «Un commerce après le marché », The Guardian Post glose bruyamment ces personnalités envoyées sur un front de crise, alors que la situation n’a cessé de se détériorer sous leurs yeux au fil des mois.

On verra bien à quoi va tourner ce dialogue de sourds, ironise également Défis Actuels, pour qui le «dialogue constructif» voulu par le gouvernement butte d’ores et déjà, sur l’opposition farouche des leaders de la contestation contre la marginalisation des régions anglophones du pays.

Et La Météo de s’emporter : «Comment peut-on comprendre que Philemon Yang, qui a battu tous les records de longévité à la primature après avoir, pendant près de quatre ans, été secrétaire général adjoint de la présidence de la République, n’ait pas réussi à se construire une capacité de persuasion en temps de crise ? À qui va-t-on faire croire que le Premier ministre du Cameroun, au même titre que ces élites vomies, ai échoué, depuis un an – encore faut-il vérifier qu’il a tenté quoi que ce soit –, à ramener la paix et la concorde dans les régions anglophones dont il est issu ?»

Pour cette publication, particulièrement amère à l’endroit d’une «élite disqualifiée», il est sans doute temps de changer de logiciel, de reconstruire un sommier de l’État reposant sur des bases solides, de reconstituer une élite servant véritablement de relais avec la magistrature suprême, de renouveler le personnel politique et de redonner le vrai pouvoir à ce peuple roi tant méprisé.

Pendant ce temps, The Post affirme que des fosses communes ont été découvertes dans la localité de Buea (Sud-Ouest), après les répressions de l’armée contre des manifestants les 22 septembre et 1er octobre.

L’ONG Amnesty International, selon Le Quotidien de l’Économie, vient de joindre sa voix à celle de tous ceux qui accusent le gouvernement de graves violations de droits humains, lors des émeutes.

Et déjà circule une pétition, visant, selon The Guardian Post, à traîner le pouvoir de Yaoundé devant la Cour pénale internationale (CPI) pour «génocide».

A travers cette initiative, ajoute Le Messager, c’est le président Biya en personne qui est visé, «accusé de génocide et d’exactions perpétrés contre les population le 1er octobre dernier».



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