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Inter JMS 2017 : environ 332 millions de personnes dépressives dans le monde


Santé

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Message de la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Matshidiso Moeti, à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, le 7 avril 2017.

La Journée mondiale de la Santé est célébrée le 7 avril de chaque année pour marquer l’anniversaire de la création de l’Organisation mondiale de la Santé. Le thème de cette année, " Dépression : parlons-en ", vise à attirer l’attention sur la charge mondiale due à ce trouble mental courant.

La dépression touche environ 332 millions de personnes dans le monde. Elle est la principale cause d’incapacité à l’échelle mondiale et contribue fortement à la charge mondiale de la maladie. Près de 30 millions souffrent de cette affection dans la Région africaine.
Nous sommes tous exposés au risque de dépression: elle touche les personnes de tous les âges et de tous les horizons, dans tous les pays.
La stigmatisation et la peur de l’isolement social empêchent les personnes affectées de se rendre dans des établissements de soins.

Pourtant, il est important de prévenir et traiter de toute urgence les personnes touchées par ce trouble mental grave et complexe. Le simple fait de parler de la dépression peut aider à la prévenir en mettant fin à la stigmatisation. Le fait de rechercher des soins en parlant avec une personne de confiance peut être une première étape vers la guérison.

La reconnaissance des symptômes dès le début d’un épisode dépressif est essentielle pour empêcher la dépression de se transformer en maladie chronique. L’Organisation mondiale de la Santé définit la dépression comme une maladie qui se caractérise par une tristesse persistante, une perte d’intérêt et une incapacité à accomplir les tâches quotidiennes, pendant de deux semaines au moins. La dépression se manifeste aussi par d’autres symptômes, notamment des sentiments de culpabilité et d’inutilité, des troubles du sommeil ou la modification de l’appétit, la perte d’énergie et des difficultés de concentration. Les principales causes de la dépression comprennent la perte d’un être cher, la pauvreté, le chômage, une maladie physique, l’usage nocif de l’alcool, la consommation de drogues, ou encore des situations traumatiques telles que la violence et la guerre.

Dans le pire des cas, la dépression peut conduire au suicide, lequel représente la deuxième cause mondiale de mortalité chez les 15-29 ans. La dépression varie selon l’âge et sévit avec plus d’acuité chez les adultes âgés de 55 à 74 ans, même si les enfants et les adolescents sont concernés par cette affection. Si elle n’est pas traitée, la dépression peut être récurrente, perdurer et devenir invalidante. Elle a une incidence sur l’aptitude des personnes à effectuer les tâches quotidiennes et peut avoir des conséquences désastreuses sur les relations avec la famille et les amis.

Les ressources pour prévenir, identifier et traiter des troubles mentaux comme la dépression sont très rares. La Région africaine connaît une grave pénurie de professionnels de santé mentale qualifiés, avec seulement un psychiatre pour un million d’habitants et un ratio identique pour les psychologues. Le nombre de personnels de santé mentale – infirmiers psychiatres, ergothérapeutes et travailleurs sociaux – reste très insuffisant. Le manque de médicaments psychotropes, conjugué au manque d’informations appropriées et d’une psychothérapie bien structurée appuyée par d’autres mesures efficaces prises au niveau des services de soins de santé primaires pour traiter la dépression constituent autant de sources de préoccupation.

L’OMS a publié des lignes directrices pour permettre aux pays d’intensifier et d’améliorer les services de soins de santé pour les personnes atteintes de troubles mentaux, moyennant des soins dispensés par des personnels de santé qui ne sont pas spécialisés en santé mentale. Les mesures prises par l’OMS comprennent le Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale et le guide d’intervention connexe, ainsi que le Plan d’action mondial pour la santé mentale 2013-2020. Avec des soins, une aide psychosociale et des médicaments appropriés, des millions de personnes atteintes de dépression dans la Région pourraient recommencer à vivre une vie normale, même dans les milieux très pauvres en ressources.

Au moment où nous célébrons la Journée mondiale de la Santé, je lance un appel à tous les pays pour qu’ils soutiennent les programmes d’action pour la santé mentale en allouant des ressources humaines et financières suffisantes pour répondre à la charge croissance due à cette affection. Je lance un appel aux États Membres pour qu’ils incluent la santé mentale dans leurs programmes nationaux de développement sanitaire. La Déclaration de Brazzaville sur les maladies non transmissibles définit les mesures à prendre à cet effet. Plus globalement, les pouvoirs publics, les partenaires et la société civile peuvent œuvrer de concert pour sensibiliser le grand public au problème de la dépression dans la Région. Pour sa part, l’OMS s’engage à fournir un appui aux pays pour qu’ils puissent traiter la dépression comme un problème important de santé publique.

La mise en place de services à assise communautaire axés sur la dépression – et le fait de parler de la nécessité de ne pas stigmatiser les sujets atteints par cette affection – inciteront plus de personnes à se faire traiter. Il importe par conséquent d’encourager les gens à parler de la dépression, avec la même liberté que l’on utilise pour parler d’autres maladies. Les autres stratégies de lutte contre la dépression comprennent des programmes en milieu scolaire proposant conseils et soutien aux personnes atteintes de dépression et à leurs familles, ainsi que la détection précoce et la prévention, surtout chez les enfants et les jeunes.

Les individus, les familles, les aidants et les communautés peuvent prendre des mesures pour prévenir la dépression, par exemple en évitant des situations stressantes, l’usage nocif de l’alcool et la consommation de drogues. Une alimentation équilibrée et l’exercice physique peuvent améliorer le bien-être et prévenir la dépression. La dépression est évitable et traitable si elle est diagnostiquée tôt. Parlons-en.

Dr Matshidiso Moeti
Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.



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