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Afrique Classement 2018 des économies africaines les plus compétitives selon le World Economic Forum


CHRONIQUE - Finances et Economie

Agenceecofin | | Commenter |Imprimer
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Le World Economic Forum (WEF) a publié ce mercredi, son édition 2018 des économies les plus compétitives à travers le monde. Alors que le classement mondial est dominé par les Etats-Unis d’Amérique, le principal constat concernant l’Afrique est que les pays du continent restent largement surreprésentés dans le bas du tableau.

L’Afrique subsaharienne dernière de la classe

A l’analyse des données fournies par le WEF dans son tableau, il ressort que les économies africaines en général manquent cruellement de compétitivité, ce qui se vérifie surtout en Afrique subsaharienne.

Alors que la moyenne mondiale est de 60 (démontrant qu’aucun pays dans le monde n’est à 100% compétitif), l’indice de compétitivité en Afrique subsaharienne est de 45,2 sur 100. En plus de classer la région comme dernière du classement mondial, ce score indique surtout que l’Afrique subsaharienne n’atteint même pas le seuil minimum de la moitié de la note maximale, soit 50 sur 100.

Cette performance régionale se répercute au niveau des performances nationales des économies africaines. D’après les statistiques fournies, 18 pays sur les 21 ayant un score en dessous de 50, sont originaires d’Afrique subsaharienne. 17 des 34 économies de l’Afrique subsaharienne étudiées dans le rapport font partie des 20 les moins performantes.

Alors qu’aucun pays africain n’est présent dans le top 10 des économies les plus performantes au monde, on constate que huit pays de la région sont présents parmi les 10 pays les moins compétitifs.

Notons que seuls deux pays du continent (Maurice, Afrique du Sud) affichent un indice de compétitivité supérieur à la moyenne mondiale (avec respectivement 63,7 et 60,8), tandis que le Tchad occupe le bas du tableau continental et mondial (140e sur 140 pays) avec un indice de 35,5

En se penchant sur les performances au niveau des sous-régions du continent, on constate cependant que malgré le mauvais indice régional, certaines sous-régions du continent sont plus compétitives que d’autres. Ainsi, au niveau de ce classement sous- régional, c’est l’Afrique australe qui arrive en tête avec un indice de 48, suivie par l’Afrique de l’Est (46,8) et l’Afrique de l’Ouest (44,5).

La faiblesse des institutions et des politiques publiques

Selon les auteurs du rapport, ces faibles scores des économies africaines sont dus à une faiblesse des institutions mises en place par les Etats, ainsi que l’inadéquation de leurs politiques publiques. Ceci explique pourquoi l’Afrique subsaharienne a la performance régionale la plus faible sur 10 des 12 piliers constitutifs de l’indice de compétitivité du WEF, qui se regroupent eux-mêmes en quatre secteurs (environnement économique, capital humain, marché et écosystème de l’innovation).

La lourdeur administrative, l’inadéquation des politiques publiques et la difficulté des pays du continent à combler leur retard dans le secteur des nouvelles technologies expliquent entre autres les résultats décevants des économies africaines, malgré des croissances économiques robustes.

Notons que seize pays africains n’ont pas été pris en compte dans l’étude, expliquant ainsi leur absence du classement. Il s’agit de la Guinée-Bissau, du Niger, du Congo, de l’Erythrée, de la Libye, de la Somalie, du Soudan, du Soudan du Sud, de Madagascar, de la Guinée équatoriale, du Togo, de la Centrafrique, du Gabon, de Sao Tomé-et- Principe, de Djibouti et des Comores.

Pour rappel, l'Indice mondial de compétitivité couvrant 140 pays mesure la compétitivité nationale des économies, définie comme l'ensemble des institutions, des politiques et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité. Il se base sur 12 indicateurs à savoir les institutions, les infrastructures, l’adoption des technologies de l’information et de la communication, la stabilité macroéconomique, la santé, la compétence, le marché de la production, le marché du travail, les systèmes financiers, la taille du marché, le dynamisme commercial et la capacité d’innover.

Moutiou Adjibi Nourou



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