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Nigéria Un rapport d’expertise confirme le blocage délibéré d’un site d’information


Société

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Alors que tout indique que les autorités ont ordonné aux opérateurs internet mobile nigérians de bloquer l’accès à un site d’information réputé, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une grave atteinte à la liberté d’informer et demande aux autorités de mettre fin à cette censure.

Au Nigeria, la lutte contre la désinformation ne passe plus seulement par l’adoption de textes inefficaces et toujours plus liberticides. Depuis le 26 janvier, le site d’information peoplesgazette.com n’est plus accessible sur les réseaux internet mobile du pays. Les principaux opérateurs parmi lesquels MTN, GIo, Airtel et 9mobile ont tous volontairement bloqué l’accès au site sans fournir la moindre explication officielle malgré les multiples sollicitations des responsables du média et de RSF.

Une analyse technique complète réalisée par Qurium, une fondation basée en Suède spécialisée dans la sécurité numérique et la défense du journalisme d’investigation, conclut que différentes méthodes ont été utilisées pour empêcher l’accès à ce nom de domaine sans que les internautes ne soient informés du blocage. Pour exclure toute origine technique, argument souvent avancé par les autorités et les opérateurs pour nier leur implication, les experts ont rendu les données du site disponibles sur un autre nom de domaine sans rencontrer de difficultés.

Lancé en septembre 2020, peoplesgazette.com a rapidement atteint une notoriété importante dans le paysage médiatique nigérian. Dès le mois suivant, le média avait été à l’origine des révélations sur les privilèges accordés au fils du directeur de cabinet du président Nigérian, en montrant, documents à l’appui, comment il avait pu bénéficier de certains accès et de responsabilités sans avoir aucun rôle officiel au sein de l’exécutif.

“Le blocage insidieux et délibéré d’un site d’information reconnu pour son sérieux et son professionnalisme constitue une grave atteinte à la liberté d’informer, dénonce le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger. Cet acte de censure montre bien que derrière la lutte contre la désinformation brandie comme une priorité par les autorités nigérianes se cache aussi le dessein moins avouable de faire taire les voix critiques. Notre organisation soutiendra toute démarche visant à faire condamner de telles pratiques de la part des autorités comme des opérateurs qui s’en rendent complices.”

Cet acte est d’autant plus inquiétant que les autorités se murent dans le silence. Les messages envoyés par RSF à la Nigerian Communications Commission (NCC), l'organe de régulation des médias, au ministre de la Communication et de l’Economie digitale, Isa Ali Pantami, ainsi qu’au conseiller spécial du Président Muhammadu Buhari sur le digital et les nouveaux médias, Tolu Ogunlesi, sont restés sans réponse.


La censure de ce site internet intervient dans un contexte très hostile pour la liberté d’informer au Nigéria, marqué par une multiplication de projets de lois contenant des dispositions dangereuses. A la suite des manifestations #EndSARS qui ont secoué le pays en octobre 2020, le gouvernement a par exemple relancé l’un de ces projets, visant à faciliter la possibilité de procéder à des coupures internet. Les opérateurs qui feraient de la résistance s'exposeront, si le texte est adopté, à une forte amende et une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison pour leurs responsables.

Ces dernières années, le Nigeria est devenu l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes en Afrique de l’Ouest. Depuis 2019, trois reporters ont été tués en marge de manifestations ou de rassemblements et de nombreux autres ont été violemment agressés ou arrêtés en marge de ces événements. Ces violations sont perpétrées dans la plus grande impunité, ce qui pousse des journalistes à l’autocensure ou à fuir. Le mois dernier, RSF a notamment documenté les menaces pesant sur le journaliste d’investigation Ibanga Isine contraint de se mettre au vert après que plusieurs de ses sources sont mortes lors de son enquête sur les massacres commis dans le sud du Kaduna, un État du nord-ouest du Nigeria.

Le Nigeria occupe la 115e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

L'AUTEUR
RSF


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