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République Centrafricaine Fête d'indépendance: message à la nation du président Faustin Archange Touadera


Politique

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- Centrafricaines, Centrafricains ; - Mes chers Compatriotes ;

Il y a 62 ans, année après année, nous commémorons la fête du 1er décembre pour magnifier la République et réitérer notre attachement aux valeurs fondamentales que sont la démocratie, l’Etat de droit, la paix et l’unité nationale.
Je m’empresse d’indiquer que ces valeurs doivent accompagner quotidiennement nos actions pour garantir aux générations futures un pays paisible, uni et prospère.

La célébration, cette année, du 62ème anniversaire de la Proclamation de la République Centrafricaine, m’offre l’heureuse occasion de vous réaffirmer ma gratitude et mon engagement à poursuivre inlassablement avec vous la reconstruction de notre pays, la consolidation de l’unité nationale, de la paix et de la réconciliation nationale.
Elle me rappelle aussi le devoir de rendre un vibrant hommage au Président Fondateur, feu Barthelemy BOGANDA, à ses compagnons de lutte et à tous nos devanciers, pour les sacrifices immenses consentis pour la défense des droits fondamentaux de l’Homme centrafricain.

En cet instant solennel où la Nation s’apprête à fêter sa République et son unité, où notre pays fait corps avec lui-même après de terribles soubresauts militaro-politiques, je veux ici vous adresser, à chacune et chacun de vous, mes chers Compatriotes de l’intérieur comme de l’extérieur, mes plus vives félicitations.
Ce soir, je voudrais particulièrement féliciter et rendre hommage à nos forces de défense et de sécurité qui sont, de jour comme de nuit, mobilisées au service de la paix, de la sécurité, de la protection des institutions républicaines et de la pérennité de l’Etat.
Je voudrais aussi rendre hommage à notre généreuse jeunesse, aux femmes et à toutes les forces vives de la Nation qui, dans l’ordre et la dignité, défileront demain, en donnant à la fois une belle image de la jeunesse de notre pays, du dynamisme de nos forces vives, de la renaissance de nos Forces de défense et de sécurité et de la vitalité de notre démocratie.

Enfin, je voudrais, en votre nom, associer à cette fête nationale, toute la communauté internationale qui a toujours accompagné notre pays, dans ses moments de joie et de douleurs.
Beaucoup de ses membres, casques bleus de l’ONU ou personnels humanitaires, ont payé un lourd tribut pour la paix et la sécurité du peuple centrafricain.

Mes chers Compatriotes ;
La commémoration cette année de la fête nationale de notre beau pays intervient dans un contexte particulier marqué notamment par l’organisation des prochaines élections présidentielle et législatives et l’avènement de la pandémie de la maladie à nouveau coronavirus.
L’intérêt particulier que je porte à la réussite de ces élections et à la maîtrise de la pandémie, m’oblige à vous rappeler brièvement les conséquences de la gouvernance calamiteuse qui a émaillé l’histoire tumultueuse de notre pays et qui doit donc nous inciter à la réflexion sur l’avenir de notre Nation, sur les défis qui se posent à nous.

Mes chers Compatriotes ;
Le 1er décembre 1958, le Père Fondateur Barthélemy BOGANDA nous a légué des principes fondamentaux de la République, à savoir l’Unité, la Dignité et le Travail.
Hélas ! Depuis sa disparition tragique prématurée, certaines contre valeurs telles que le régionalisme, le tribalisme, le népotisme, la haine, la division, la paresse, la corruption, le détournement des deniers publics et les infractions assimilées, ont été érigés en modes de gestion de l’Etat, au détriment de l’intérêt général qui fonde la République.
Au lieu de diriger, de conduire ou de servir le pays, les dirigeants ont en revanche régné, asservi le peuple.
Au lieu de construire le pays, de former et d’éduquer le peuple, de former et d’encadrer la jeunesse, nous nous sommes employés à les martyriser, à les dominer, à les manipuler ou à les instrumentaliser à des fins politiciennes.
Au lieu de construire les symboles de la souveraineté, notamment l’armée nationale, la justice, la diplomatie, nous nous sommes employés, pendant plusieurs décennies, à recruter et à former des soldats issus de nos régions, de nos clans, pour assurer notre propre sécurité et celle de nos familles, ou simplement à retourner l’armée contre son peuple, ou encore à créer des milices armées pour la conquête et la conservation du pouvoir à des fins notoirement partisanes.
Pire, nous avons choisi d’introduire dans le pays des mercenaires qui, naturellement, voulant se payer sur la bête, ont infligé à notre peuple des souffrances indescriptibles et pillé les ressources naturelles de notre pays.

Les forces de sécurité immédiate telles que la Police et la Gendarmerie ainsi que les forces paramilitaires, n’ont pas été suffisamment recrutées pour un maillage territorial.
Sous équipés, insuffisamment formées, divisées, tribalisées, les forces de défense et de sécurité dont la capacité opérationnelle était de surcroît compromise par l’insuffisance de moyens, ne pouvaient efficacement assurer leurs missions régaliennes.
L’Unité de la Nation, prônée par le Père fondateur, est restée un vœu pieux tant le clivage, la division et la fracture causés par de nombreux coups d’Etat, de mutineries, de rebellions, de grèves, dont les raisons essentielles se retrouvent dans la crise de confiance, la frustration, la compromission, le non-respect des engagements et la marginalisation de certaines régions de notre pays, ont jalonné l’histoire mouvementée de notre pays.
Le rejet de l’autre, sous de prétextes fallacieux, l’intolérance, l’exclusion, la haine, la méchanceté, avaient pris le pas sur l’amour, la tolérance, la fraternité et la cohésion entre les communautés.
S’agissant de la Dignité de l’Homme centrafricain, les nombreux sites des déplacés appelés pudiquement « Ledger », de cas de violences basées sur le genre, les actes inhumains et dégradants auxquels étaient soumises les populations nous ont renseigné que nous avons perdu notre dignité.

Les nombreux arriérés de salaires, de bourses et de pensions avaient exposé les travailleurs, les étudiants et les fonctionnaires et agents de l’Etat admis à faire valoir leurs droits à la retraite, à des humiliations, à la précarité, à une mort précoce.
Le Travail, par lequel chacun et chacune de nous devrait s’épanouir, se distinguer, a perdu ses vertus, tant les nombreux arriérés de salaires, de bourses, de pensions et de dettes sociales, ont démotivé les travailleurs et entraîné de terribles dysfonctionnements des services publics et de la société.
Au lieu du mérite, le favoritisme, le clientélisme, le népotisme, le clanisme ont constitué malheureusement les modes d’ascension sociale.
Le goût de l’effort, l’obligation de résultat n’ont pas été suffisamment inculqués au peuple, aux fonctionnaires et agents de l’Etat, entraînant le manque d’efficacité et d’efficience des services publics.
La justice sociale qui devrait élever notre Nation, a cédé le pas à l’injustice qui a produit parmi nous du poison et de l’absinthe qui ont jeté l’opprobre sur notre pays. Or, la paix ne peut exister que là où règne la justice, la justice sociale.
Les nombreuses années blanches ont provoqué la flambée du taux de déperdition scolaire, avec pour corollaire la montée du grand banditisme, la grande délinquance et l’entrée massive des jeunes désœuvrés dans les groupes armés, à la recherche de gain facile.

Mes Chers Compatriotes ;
Il me paraît utile de rappeler qu’à ma prise de fonction, le 30 mars 2016, nous avons décidé de réinventer une nouvelle République fondée sur le respect des textes et des institutions, assise sur une armée républicaine, pluriethnique, professionnelle dans un concept d’armée de garnison, grâce à la réforme du secteur de la sécurité.
Dans cette optique, les institutions prévues par la Constitution ont été mises en place et fonctionnent de manière indépendante.
Je me sens de plus en plus souvent incité à affirmer que la démocratie, c’est le respect des institutions, c’est aussi le respect de la Constitution, des lois et règlements que nous nous sommes librement donnés.
Pour consolider cette nouvelle République, nous avons, ensemble décidé de reconstruire les forces de défense et de sécurité.
Afin de rajeunir les FACA, de stabiliser la pyramide des grades et de respecter l’esprit de représentativité régionale, un processus de recrutement annuel de 1023 jeunes citoyens a été lancé depuis 2017, conformément au Plan National de Défense.
Ainsi, pour l’année 2020, le recrutement de 2600 jeunes sur l’étendue du territoire ainsi que l’intégration de certains ex-combattants déclarés éligibles dans le cadre du projet pilote DDRR ont permis de renforcer la capacité opérationnelle de notre Armée.
Par ailleurs, l’assouplissement de l’embargo sur les armes à destination de notre Armée a permis aux pays amis comme la République Populaire de Chine, les Etats Unis d’Amérique, la France, la Fédération de Russie, de doter les FACA en armes, munitions, véhicules, engins du génie, embarcations fluviales et de vingt (20) véhicules blindés.
En ce qui concerne les forces de sécurité intérieure, nous avons, dans le cadre de la refondation du pays, commencé, en 2017, à recruter 1000 Policiers et Gendarmes, chaque année, pour assurer efficacement la protection de l’ordre public et renforcer la chaîne pénale et donc la lutte contre l’impunité.
Je suis persuadé que la justice dont l’indépendance matérielle et fonctionnelle a été renforcée au cours de ces dernières années, grâce à la l’appui de la communauté internationale, jouera pleinement son rôle pour mettre fin à l’impunité. Elle doit être le socle de la démocratie et de la nouvelle République.

Mes Chers Compatriotes ;
Je sais que nous sommes capables de transcender nos divergences et nos intérêts égoïstes et de nous mettre résolument au travail pour la relance économique de notre pays.
L’Accord politique pour la paix et la réconciliation signé le 6 février 2019 entre le Gouvernement et les groupes armés, en est une parfaite illustration.
Si nous persistons dans les luttes fratricides, dans d’éternels débats et autres diatribes pour la revendication du pouvoir politique, il est à craindre que nous occultions l’essentiel, à savoir le développement socio-économique de notre pays.
Nous devons poursuivre les réformes et les efforts entrepris en 2016 pour traduire en actes les fondamentaux de développement identifiés par le Père Fondateur de la République, à savoir : nourrir, vêtir, loger, soigner et instruire.
Certes, nous pouvons apprécier les étapes franchies ces dernières années dans certains domaines, comme l’agriculture et la santé qui nous conduiront vers l’autosuffisance alimentaire et des soins de qualité.
Pour soigner la population, nous avons initié 10 domaines d’impulsion présidentielle, qui ont permis la construction de 100 nouveaux établissements et l’équipement de 300 formations sanitaires.
Aussi, 25 hôpitaux de districts sur 35 sont dotés en ambulances pour faciliter les références et les contres références des patients.
Le processus de modernisation du plateau technique a été amorcé avec la construction au Centre National Hospitalier Universitaire d’un Centre d’Imagerie Médicale avec scanner, d’un centre d’hémodialyse et d’un centre hospitalier de lutte contre les Grandes endémies de 350 lits.
Des efforts continueront d’être faits pour offrir aux Centrafricains des logements sociaux, avec l’appui des partenaires.
Il est indispensable que les routes soient construites ou réhabilitées, que les populations aient accès à l’eau potable, à l’électricité, aux nouvelles technologies de l’information et de la communication et c’est ce à quoi je me suis attelé depuis le 30 mars 2016.
Dans le domaine de la gouvernance, nous devons envisager des réformes courageuses en vue de mettre fin à l’impunité qui est l’une des principales causes du retard de développement et des crises récurrentes dans notre pays.
Il est aussi indispensable d’assurer l’égalité de tous les Centrafricains devant la loi, en envisageant la suppression des immunités qui constituent des obstacles juridiques à la lutte contre les crimes économiques lesquels doivent être érigés en crimes imprescriptibles.
Seule une bonne gouvernance peut nous permettre de créer des emplois pour les jeunes, poursuivre leur intégration dans la fonction publique et les forces de défense et de sécurité et assurer l’autonomisation de la femme centrafricaine.

Mes Chers Compatriotes ;
En ce 21ème siècle, notre pays fait figure d’un Etat divisé à cause des ambitions démesurées des uns et des autres.
L’exacerbation des tensions liées aux manœuvres de division des Centrafricains par certains hommes politiques, à l’approche des échéances électorales, constitue une menace grave pour l’intégrité du territoire et l’unité de notre pays.
Je dois, en ma qualité de Père de la Nation, garant de la pérennité de la République, vous dire ce soir, que les élections constituent le seul mécanisme d’alternance, le seul mode de légitimation du pouvoir.
Les institutions investies par la Constitution du pouvoir de les organiser, de juger de leur sincérité et d’en proclamer les résultats, doivent exercer leurs missions en toute indépendance.
De même, toutes les parties prenantes doivent contribuer à ce que ces élections se tiennent dans la transparence.
Il est inconcevable, dans un pays qui se veut démocratique, de sortir du cadre constitutionnel et légal pour se lancer dans des compromissions politiques sur le dos du peuple centrafricain.
La volonté du peuple centrafricain, dois-je le rappeler, est clairement exprimée dans la Constitution du 30 mars 2016 que j’ai l’obligation de faire respecter.
Il ne pourrait être dérogé à ses dispositions sans la consultation préalable du titulaire de la souveraineté qui est le peuple centrafricain et selon la procédure prévue par la Constitution elle-même.
Je déplore le climat délétère qui s’est instauré dans le débat politique de notre pays, à l’approche des scrutins du 27 décembre 2020.

Mes chers Compatriotes ;
Le 27 décembre, nous devons montrer au monde que nous sommes capables de transcender nos intérêts égoïstes pour rechercher l’intérêt commun : la paix.
Ce jour-là, nous devons prouver à la communauté internationale que nous savons agir en véritables démocrates, que nous aimons réellement notre patrie et que nous en sommes fiers.
La chance nous sera donc donnée de consolider l’ancrage démocratique amorcé en 2016 ainsi que l’Etat de droit fondé sur le respect des textes et des institutions qui les incarnent et les appliquent.
J’en appelle donc à la sérénité, au calme, à la responsabilité de chacune des parties prenantes et à une conception plus haute de l’intérêt national.
Le peuple centrafricain, je le réitère, a trop souffert. Le peuple centrafricain ne veut pas la guerre. Le peuple centrafricain veut la paix. Le peuple centrafricain veut choisir librement ses dirigeants, dans la paix et la cohésion sociale retrouvées.
En ce qui me concerne, je continuerai à œuvrer pour la sécurité, la stabilité et la prospérité de notre pays.
Je continuerai à soutenir les institutions républicaines de notre pays pour garantir le rejet de la violence comme mode d’ascension sociale et mettre irrésistiblement le pays sur le chemin de la bonne gouvernance démocratique.
En terminant mon adresse, je formule le vœu ardent que cette célébration consacre solidement la réconciliation et l’unité de tous les Centrafricains.
Dans cet élan de reconstruction, chacune et chacun d’entre nous est appelé à prendre ses responsabilités, à doubler de vigilance et mobiliser son énergie pour défendre l’unité de notre riche et beau pays.
Tous, debout pour reconquérir notre unité nationale et franchir, à travers les élections à venir, une étape nouvelle dans la marche de notre pays vers un avenir meilleur, car la voix du patriotisme nous appelle et nous interpelle.

Je vous exhorte enfin, à continuer à respecter les mesures barrières pour éviter une propagation rapide de la pandémie du COVID 19 qui fait des ravages dans le monde entier.
Je vous souhaite de tout cœur une belle fête du 1er décembre.

Vive la République !
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine !
Je vous remercie.



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