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Cameroun Le meeting de campagne de Biya diversement apprécié par les journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

La première sortie publique du chef de l’État sortant, samedi dans le chef-lieu de l’Extrême-Nord à Maroua, pour le compte de la campagne présidentielle du 7 octobre prochain, cristallise les contenus des journaux camerounais parus lundi.

Comme pour planter le décor, Mutations, sous le titre «Meeting au goût d’inachevé», ne cache pas son désappointement au lendemain d’un rassemblement annoncé à grand renfort de publicité, et qui n’a finalement accouché de rien de concret par rapport aux attentes, plus que nombreuses, de populations meurtries par les assauts terroristes, en proie à la pauvreté et régulièrement gavées de promesses sans lendemains.

«Paul Biya ne promet rien à l’Extrême-Nord», se désole également L’œil du Sahel alors que, pour Le Messager, il s’est agi d’une «escroquerie présidentielle», d’un vrai exercice d’enfumage des populations de cette partie du pays confrontées aux affres de la secte islamiste Boko Haram.

On l’attendait sur le terrain de la pacification durable et de la reconstruction, mais son opération de reconquête et de séduction est un flop mémorable, s’indigne la dernière publication citée qui, avec Le Jour, ne peut que constater à quel point le président sortant est complètement déconnecté des réalités du terrain.

Pour ceux qui ne l’auraient pas bien comprise, le bihebdomadaire Repères se fait fort de résumer ainsi la pensée présidentielle : en clair, aujourd’hui que les forces de défense et de sécurité ont fortement affaibli l’ennemi jihadiste, il invite les populations de l’Extrême-Nord à livrer et gagner «ensemble la bataille du développement»

Cet avis est également partagé par L’essentiel, pour qui Paul Biya a encore consolidé le pacte de confiance qui le lie à l’Extrême-Nord samedi dernier : à Maroua, dans la mare du roi, il a cassé la distance, lui, réputé souvent absent a choisi le point le plus éloigné de la capitale pour tordre la mauvaise bouche camerounaise.

«Paul Biya est lancé», prolonge le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : pour ce premier meeting, l’homme a fait courir les foules, occasion de se féliciter de la victoire collective contre Boko Haram et d’appeler les populations à travailler désormais pour gagner la bataille du développement.

Le président-candidat, insiste Repères, pense qu’il est temps de reconstruire, de faciliter le retour des déplacés et de tout faire pour recréer les conditions d’une vie normale sous ses différents aspects, administratifs, scolaires, économiques et sociaux.

Pour Le Soir, le chef de l’État sortant, qu’on croyait usé par 36 ans de pouvoir, affaibli par les critiques acerbes de ses adversaires, fait mieux que résister : son meeting de Maroua, qui a drainé 90.000 militants, était une démonstration de force en grandeur nature.

Pour ce qu’il qualifie de «meeting mémorable», L’Anecdote y a aussi vu, à travers la chaleur de l’accueil, les discours et les petits gestes affectifs, une forme d’adoubement.

Même s’il peut subsister ce que d’aucuns qualifient de malentendus, M. Biya, pour The Guardian Post, est d’ores et déjà assuré d’engranger au moins 96% des suffrages dans le septentrion, si l’on en juge par le nombre de soutiens dont il bénéficie de la part des dignitaires de son régime, mais aussi des partis alliés dont les bases sont majoritairement fixées dans la zone.

«Le septentrion plébiscite Paul Biya», renchérit L’Indépendant qui pour sa part le crédite de 96% d’intentions de vote dans cette partie du pays, soit 42% d’avance au plan national sur les huit autres candidats.

Il convient, tempère Intégration, de savoir raison garder surtout à la lecture des résultats du sondage, fort édifiant, réalisé par l’institut Nkafu Policy, un think tank local du 10 au 20 septembre 2018 dans 54 centres urbains et 25 localités rurales : à la question de savoir pour qui ils voteraient au cours de ce scrutin, le président sortant vient en tête, mais Paul Biya ne récolte que 29,82% des intentions de vote, c’est-à-dire beaucoup moins que les 35% officiellement obtenus en 1992.

Cette performance parait logique, explique l’hebdomadaire, au regard du niveau d’insatisfaction de la politique actuelle mise en exergue par le sondage, 79,1% de Camerounais qualifiant de mauvaise ou très mauvaise la situation économique actuelle du pays, tandis que 16,82% seulement la considèrent comme bonne ou très bonne.



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