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Cameroun Crise anglophone et présidentielle font de la résistance en couverture des journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

L’escalade de la crise sécessionniste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, suivie d’une tentative de reprise en main par le pouvoir de Yaoundé, font les choux gras des journaux camerounais parus jeudi à côté de l’actualité liée à l’élection à la magistrature suprême du 7 octobre prochain.

Le titre en pied de une du quotidien à capitaux privés Le Messager se veut sans équivoque : «Crise anglophone : Ngoh Ngoh envoie les fonctionnaires à l’abattoir». Sous cet intitulé, se cache une instruction du chef de l’État, traduite au ministre de l’Administration territoriale par le secrétaire général de la présidence de la République, exigeant la réinstallation de 19 sous-préfets et adjoints préfectoraux ayant, depuis plus d’un an, déserté leur poste de travail du fait des violences séparatistes.

C’est une mission suicide que sont assignés ces pauvres administrateurs civils, prévient The Guardian Post qui ne voit pas quelle autorité préfectorale pourrait aujourd’hui faire régner l’ordre, la discipline et la paix dans des régions à feu et à sang.

C’est que, selon Aurore Plus, Ngoh Ngoh a décidé d’envoyer 19 «chefs de terre» à la mort, sur un terrain où se mène désormais un conflit asymétrique, avec des sécessionnistes souvent déguisés en innocents civils : «Dans son souhait d’afficher son autorité sur ces zones où le sang ne cesse de couler, et surtout à la veille d’une élection présidentielle où tout semble indiquer qu’aucune campagne de propagande n’est possible sur le terrain, il n’est pas exclu que le régime de Yaoundé tente le tout pour le tout, quitte à sacrifier des hommes symbolisant sa ‘’maîtrise’’ du terrain. Un terrain où même les forces de défense et de sécurité sont généralement prises pour cibles avec de nombreuses pertes en vies humaines.»

Et Mutations de rappeler perfidement que deux sous-préfets, en moins de deux ans, ont déjà été exécutés par les sécessionnistes.

On peut lourdement s’interroger, insiste Aurore Plus, sur les mesures prises afin d’assurer la protection de ces hommes, ainsi renvoyés de force à leur poste, a moins que le pouvoir n’ait décidé de passer en force et d’offrir ces «chefs de terre» en holocauste.

Parce que là est le problème, insiste Le Jour qui se demande comment le pouvoir entend réinstaurer l’autorité de l’État, alors que l’administration a déserté sur un terrain où les politiques ont, par ailleurs, largement montré leur incapacité à rétablir la concorde nationale.

Ignorant délibérément ce terrain pétaradant, Baromètre Communautaire s’est pour sa part penché sur la nouvelle version de «Pour le libéralisme communautaire», un livre écrit en 1987 par le président Biya et dont la version actualisée vient de paraître.

La pensée politique du chef de l’État, telle que déclinée par cet ouvrage, devrait, selon l’hebdomadaire, constituer une source d’inspiration pour de nombreux leaders d’ici et d’ailleurs.

A travers «Pour le libéralisme communautaire», renchérit L’Anecdote, Paul Biya définit une nouvelle vision de son pays dans un monde globalisé.

Il n’aura pas échappé à l’observateur que la réédition de ce livre intervient à la veille du début des opérations formelles de propagande pour l’élection présidentielle du 7 octobre, au sujet de laquelle Le Financier d’Afrique émet cette interrogation : «Où est passé l’argent de la campagne électorale ?»

A en croire l’hebdomadaire, les 9 candidats en lice, à l’exception sans doute du président sortant, qui jouit possiblement des moyens de l’État, n’ont toujours pas vu la couleur des financements prévus par le Code électoral, et qui devaient être disponibles depuis le 8 août dernier.

Et, à l’heure où le silence du ministère de l’Administration territoriale ne lasse d’inquiéter sur le sujet, Le Messager soulève une autre polémique, cette fois dans le camp même du chef de l’État sortant.

Selon la publication en effet, c’est «le cas Mvondo Ayolo», du nom du directeur du cabinet civil de la présidence de la République, qui divise au sein même du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), et pour cause : sa désignation, contre toute attente, comme le directeur de campagne de Paul Biya, «a provoqué la furia des caciques de cette formation, qui estiment que l’ex-ambassadeur du Cameroun en France ne dispose pas suffisamment de faits d’armes pour conduire les troupes à la victoire finale.

Y a-t-il seulement suspense quant à l’issue de cette élection ? ironise Aurore Plus qui évoque une réélection déjà actée de Paul Biya le régime de Yaoundé, le président-candidat étant certains, avec ou sans directeur de campagne, de rempiler avec les suffrages des citoyens de tous les coins du pays, y compris ceux des régions en guerre du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.



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