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Cameroun La présidentielle sur fond de controverses en couverture des journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

Les grandes manœuvres politiques et politiciennes, autour des candidatures à l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, passionnent les journaux camerounais parus jeudi.

Un nom revient en manchette du Quotidien de l’Économie (LQE) et du Messager : celui du ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji. La veille, il a commis une note reprécisant les noms des leaders de trois partis politiques de l’opposition.

Dans une lettre ouverte de l’ex-candidate à la présidentielle de 2011 du Cameroon People’s Party (CPP), Edith Kabang Wallah, le membre du gouvernement est accusé de semer la zizanie dans le camp d’en-face, précisant que le dénommé Samuel Tita Fon, que le MINAT présente désormais comme le leader de la formation, en a été exclu le 29 mars 2018.

«Il est regrettable, s’insurge-t-elle dans ce brûlot que publient les deux quotidiens à capitaux privés, qu'en cette période où le Cameroun fait face à de graves risques vis-à-vis de sa réputation dans la communauté internationale pour des actes illégaux restés impunis envers ses citoyens, vous, en tant que ministre de l'Administration territoriale, miniez notre fragile démocratie en commettant des actes hors du cadre administratif et juridique de notre pays.»

Et d’ajouter : «Nous ne sommes pas dupes de vos manœuvres et le peuple camerounais encore moins. Nous ne sommes nullement impressionnés par ces basses œuvres qui déshonorent encore plus le Cameroun et révèlent, à ceux qui se bercent d’illusions, la véritable nature du régime que vous servez.»

L’acte ministériel s’apparente, constate LQE, à un bâillonnement en bonne est due forme des adversaires du chef de l’État sortant, Paul Biya.

«Pourquoi ils n’y vont pas» est la principale manchette de Mutations, au-dessus de six portraits de personnalités de premier plan s’étant finalement désistées au dernier moment, et dont les raisons de l’abandon vont quasiment dans le même sens : absence de démocratie, règles faussées d’avance par le système et, aussi, la crise anglophone qui écartèle les citoyens d’un même pays qui s’entretuent.

Pressenti pour la course à la magistrature suprême, le leader de Croire au Cameroun (CRAC), Bernard Njonga, qui «jette l’éponge», revient, dans Le Messager, sur ces points clivants qui ne peuvent, selon, garantir aucun scrutin juste et équitable.

Dans The Guardian Post, le même homme se veut encore plus précis quant à sa décision de ne pas concourir : il ne se voit pas en train de mener campagne, ni briguer les suffrages dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest actuellement plongées dans une guerre sanglante.

Certains autres, malgré les embûches, prennent pourtant le risque de ce que Baromètre Communautaire qualifie de «guerre des générations», face à un chef d’État âgé de 85 ans et qui s’accroche à son trône depuis 36 ans.

En effet, «las d’attendre le passage de témoin, certains opposants sont prêts à tout pour en découdre» avec le régime de Yaoundé au risque d’affronter la riposte de la vielle garde, qui «s’annonce brutale» parce que n’acceptant pas la contestation de son hégémonie sur le Cameroun.

Calculette en main, et à 48 heures de la date limite de dépôt des candidatures, Elections Cameroon (Elecam), l’organe en charge de la gestion des scrutins et opérations référendaires, avait ainsi déjà reçu 12 dossiers, révèle L’Essentiel.

Si en 2011 ils étaient un peu plus d’une quarantaine à avoir fait acte de candidature auprès de la direction générale des Elections et ses démembrements, avec au final 23 candidats retenus pour concourir, il sera sans doute difficile, observe le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune (CT), d’atteindre ces chiffres à la fin du délai de dépôt des déclarations.

La publication attribue ce tiède engouement aux nouvelles conditions pour prétendre à la fonction suprême, telles que revues depuis 2012 par le législateur : le cautionnement obligatoire, qui est ainsi passé de 5 à 30 millions FCFA.

Et le suspense ne s’arrête pas au dépôt des dossiers, prévient CT, puisque les postulants devront encore attendre au moins 60 jours, avant la date de l’élection, pour savoir si leur dossier a été validé.



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