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Mali Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre Soumeylou Boubeye Maïga du 20 Avril 2018


Politique

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Declaration-de-Politique-Generale-du-Premier-Ministre-Soumeylou-Boubeye-Maiga-du-20-Avril-2018

« Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ; Honorables Députés ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Distingués invités, en vos rangs et qualités,

Qu’il me soit permis avant toute chose de vous remercier pour l’accueil que vous nous avez réservé, à moi-même et aux membres de mon Gouvernement.
C’est pour moi un honneur de sacrifier à la pratique démocratique établie par l’article 78 de notre Constitution et de présenter aujourd’hui à l’Assemblée nationale, la Déclaration de Politique Générale qui balise l’action que je serai amené à conduire avec mon Gouvernement.

Je me soumets à cet exercice en ayant une claire conscience des exigences et des contraintes du moment, mais avec aussi la ferme conviction que la nation malienne recèle en elle la capacité d’y faire face.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

C’est le lieu pour moi d’exprimer au Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, ma reconnaissance pour la confiance qu’il a placée en moi le 30 décembre 2017, pour conduire l’action du Gouvernement sous son autorité.

Je voudrais également rendre hommage à l’ensemble de mes prédécesseurs à ce poste. Ils ont tous donné le meilleur d’eux-mêmes pour le développement et la stabilité de ce pays.

Je voudrais aussi, Honorable Président, vous féliciter pour la confiance dont vous avez été investi par vos pairs pour diriger cette haute et prestigieuse Institution. Je suis persuadé que nous nous investirons de concert pour instaurer une saine et franche collaboration entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale.

Honorables Députés, permettez-moi également de vous féliciter pour la confiance que le Peuple a placée en vous. En tant que Représentants de la Nation, vous faites entendre la voix de nos populations, vous remontez et vous défendez les attentes exprimées par elles. J’espère pouvoir compter sur votre accompagnement et sur votre appui pour donner satisfaction à ces fortes et légitimes attentes.

Je voudrais, pour ma part, vous donner l’assurance que le Gouvernement sera extrêmement attentif à maintenir avec l’Assemblée nationale, des relations de bonne collaboration basées sur la confiance et le respect.


Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Lors de la session ordinaire du Conseil des ministres du 05 janvier 2018, le Président de la République a fixé des missions au Gouvernement.

L’action que le Gouvernement se propose de conduire, si votre auguste Assemblée lui accorde sa confiance, sera fondée sur ces orientations du Président de la République, déclinées en quatre axes majeurs :

1. poursuivre la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ;
2. endiguer l’insécurité grandissante dans le Centre du pays ;
3. satisfaire la demande sociale par l’accélération de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgences sociales ;
4. organiser des élections transparentes, crédibles et apaisées.
Profondément convaincu de l’urgence et de l’importance des missions qui nous sont assignées, le Gouvernement entend focaliser son action sur ces quatre axes. Il est conscient du poids des défis qui l’attendent. Qu’il s’agisse de la consolidation du processus de réconciliation nationale, de la restauration de l’autorité de l’Etat, du renforcement du tissu économique, de la prise en charge des nombreux besoins sociaux, le Gouvernement entend s’appuyer sur les acquis qu’il s’agira de consolider et valoriser.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Pour exécuter la feuille de route délivrée par le Président de la République, le Gouvernement se donne une triple vocation : protéger, rassembler et servir.

Protéger, parce que nous avons le devoir de gagner la guerre asymétrique qui nous est imposée par le terrorisme et de préserver toutes les valeurs qui fondent notre vivre ensemble.

Nous prendrons en charge notre devoir de protection tout d’abord en poursuivant la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Cet Accord représente un vaste chantier de réformes dans les domaines clefs qu’il aborde, notamment en ce qui concerne les questions politiques et institutionnelles, ainsi que les questions de défense et de sécurité. Le Gouvernement dans sa mise en œuvre reste guidé par la nécessité fondamentale de préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de notre pays, toutes deux largement consacrées par l’Accord et par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CEDEAO.

Compte tenu de l’importance des enjeux et de l’ampleur des réformes induites par l’Accord, mais aussi du retard pris pour diverses raisons dans la mise en œuvre des actions prévues dans l’Accord, il nous est désormais indispensable de faire preuve d’esprit de méthode et de pédagogie pour avancer et surtout rendre les acquis irréversibles. C’est pourquoi, sur la base du chronogramme issu de la 23ème session du Comité de Suivi de l’Accord, le Gouvernement a élaboré une feuille de route signée par toutes les parties prenantes, le 22 mars 2018 qui récapitule une liste d’actions prioritaires dont l’exécution permettra d’imprimer une nouvelle dynamique au processus de mise en œuvre.

Dans cette mise en œuvre, nous ne faiblirons pas dans notre volonté de travailler à l’union et à la cohésion entre toutes les filles et tous les fils du Mali. C’est dans ce cadre qu’il faut situer nos déplacements dans les Régions du Nord, et particulièrement à Kidal pour porter le message de la paix, de l’unité, de la citoyenneté et prêcher le vivre-ensemble.

Nous devrions aussi montrer à tous l’urgente nécessité d’une présence de l’Etat partout sur le territoire afin de livrer les services de base auxquels les populations ont droit, en quelque partie de notre pays qu’elles se trouvent. Toutes les parties signataires de l’Accord ont pleinement joué leur partition pour la réalisation de ce premier pas hautement symbolique et absolument nécessaire au renforcement de la confiance. Premier pas qui sera suivi sans tarder par d’autres mesures plus décisives.

En définitive, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du Processus d’Alger, le Gouvernement accordera une attention particulière:

- à l’amélioration du fonctionnement des Autorités intérimaires et des Collèges transitoires en les dotant de moyens financiers et matériels adéquats en vue de la fourniture de services sociaux de base à la population et de leur participation dans l’organisation des élections à venir ;

- ainsi qu’à l’accélération du transfert effectif des compétences et des ressources de l’Etat aux Collectivités territoriales pour l’atteinte de l’objectif de 30% des ressources transférées aux collectivités territoriales en fin 2018.

A cet effet, le Gouvernement adoptera dans les prochains jours le décret consacrant le transfert aux collectivités territoriales des services déconcentrés relevant de leurs domaines de compétences.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Nous ne nous lasserons jamais de dire que le Gouvernement axera ses efforts sur le rétablissement de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, prioritairement dans les Régions du Nord et du Centre. Pour y arriver, nous déploierons des actions décisives pour restreindre, et à terme éradiquer les activités des Groupes Armés Terroristes (GAT), afin de favoriser un déploiement des Forces Armées Maliennes (FAMa), la réinstallation de l’Administration et le retour des réfugiés et des populations déplacées.


C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire le renforcement du personnel de commandement à travers la nomination de préfets et sous-préfets dans plusieurs circonscriptions administratives jusque-là vacantes dans différentes Régions. Cette dynamique se poursuivra pour doter dans les semaines qui viennent les circonscriptions administratives des Régions du Nord et du Centre, particulièrement Kidal, Ménaka et Taoudénit de préfets et de sous-préfets. Ceux-ci sont en effet la colonne vertébrale de l’administration territoriale et l’incarnation de la souveraineté de l’Etat sur le terrain. Leur présence enverra donc aux populations de ces zones le signal clair et sans équivoque du retour de l’Etat protecteur.

Quant au redéploiement de l’armée, il se fera de façon progressive, méthodique et résolue. Pour cela, l’armée et les autres forces de sécurité recevront les moyens nécessaires tels que prévus dans la Loi de programmation militaire, qui reste un puissant outil de mise à niveau pluriannuel de notre outil de défense et de sécurité. Ainsi pour l’exercice budgétaire 2018, le budget d’Etat a réservé 22% de nos ressources à la défense et à la sécurité.

Ce redéploiement ne retardera pas la réforme nécessaire qui permettra l’adaptation de notre armée et de nos forces de sécurité aux exigences de leur environnement. Un pas important a été fait dans cette dynamique de réforme avec la tenue de l’atelier de haut niveau sur la Réforme du Secteur de la Sécurité auquel ont participé les experts nationaux, ceux de la MINUSMA et des pays partenaires dans un souci d’appropriation et de partage de bonnes pratiques en la matière.

En même temps qu’il sera procédé au redéploiement des forces armées, les Mécanismes Opérationnels de Coordination (MOC), véritable pilier du volet défense et sécurité de l’Accord, seront effectifs là où ils sont prévus d’ici la fin du mois de mai 2018. Nous allons tirer les leçons de la première tentative d’opérationnalisation de celui de Gao. A cet effet, l’Etat mettra à la disposition de chacun des MOC les moyens indispensables aux patrouilles. En outre, les Mécanismes Opérationnels de Coordination seront dotés d’armements conséquents qui en feront de véritables forces dissuasives au service de la paix et capables de relever le défi de la lutte contre le terrorisme et les trafics illicites.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

En même temps que nous procéderons à la montée en puissance et en efficacité de nos Forces Armées et de Sécurité, nous allons accélérer le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), qui est un aspect fondamental de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali. Le Conseil National pour la Réforme du Secteur de la Sécurité, la Commission Nationale de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion et la Commission d’Intégration prévues par l’Accord ont en leur sein les représentants des mouvements armés signataires de l’Accord aux côtés des représentants de l’Etat qui sont à pied d’œuvre pour réussir le DDR.
Il est ici important de rappeler quels seront les bénéficiaires du programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR). Il s’agit des ex-combattants affiliés aux mouvements signataires de l’Accord, des ex-combattants relevant des groupes armés non signataires de l’Accord ainsi que d’éléments de groupes d’autodéfense qui renoncent à la violence dans le cadre du processus de dialogue et d’apaisement entamé depuis le mois de février dans le Centre.

Le processus DDR a déjà commencé avec la formation des chefs de base et les responsables des mouvements armés dans les Régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudénit et Ménaka. Tous ont été initiés à l’enregistrement des combattants et de leurs armements en vue de leur dénombrement et de leur identification précise pour les besoins du DDR et du contrôle des armements. Cet exercice qui a débuté en Février dernier a bénéficié de l’accompagnement de nos partenaires comme la MINUSMA et Barkhane. Il est important d’indiquer que sur le terrain il s’est appuyé aussi sur la pleine coopération des mouvements armés.

En ce qui concerne l’intégration, il faut souligner que nous avons résolu une question qui a fait longtemps débat. En effet, le consensus a été obtenu sur les critères d’intégration dans les différents corps et sur les principes d’éligibilité au programme de réinsertion.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Notre vocation de protection nous fait aussi porter une attention toute particulière aux victimes civiles et militaires des conflits. L’importance accordée à la démobilisation des ex-combattants ne nous fait pas oublier notre devoir de solidarité et d’assistance envers ceux qui se retrouvent dans le dénuement et dans la détresse.

Ainsi, des projets de réinsertion sont prévus pour les communautés victimes de violences. De même, un volet spécial d’assistance concernera les familles des militaires tombés au champ d’honneur. C’est dans ce cadre qu’il faut situer l’opérationnalisation de la Fondation pour la Solidarité créée par la loi et le paiement d’indemnités aux ayants droit de soldats tombés au champ d’honneur.

Les victimes civiles employées de l’Etat, notamment les préfets et sous-préfets qui ont perdu la vie lors des regrettables évènements de Kidal en 2014, bénéficieront elles aussi du dispositif de solidarité ainsi mis en place. En outre, et toujours pour marquer la reconnaissance de la nation toute entière envers ses fils qui ont fait le noble et difficile choix du métier des armes, il est mis en place un dispositif de pupilles de la nation pour prendre en charge les enfants mineurs des soldats tombés au front. Ces enfants se verront notamment assurer la couverture de leur scolarité jusqu’à leur majorité.

A court terme, un quota important des logements sociaux en voie de finition sera réservé aux ayants droit au cours de la prochaine distribution.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Dans notre mission de protection, et conformément aux instructions du Président de la République, nous déployons des efforts particuliers pour endiguer l’insécurité dans le Centre du pays. Le Gouvernement a déjà initié des réponses rapides et concrètes pour contrer aussi bien la montée du banditisme que l’extension des menaces terroristes dans cette partie du territoire national.

Vous ne l’ignorez pas, l’insécurité dans cette région se manifeste à travers la présence de bandits et de terroristes qui non seulement harcèlent nos forces de défense et de sécurité, mais également des attaques ciblées, des vols de bétail, des braquages de véhicules de transport de forains et de voyageurs. Le Gouvernement procédera donc à une rapide et véritable normalisation de la situation. C’est dans ce cadre que nous avons entamé le renforcement de l’effectif militaire sur le terrain à travers l’opération DAMBE qui aujourd’hui mobilise plusieurs milliers d’hommes.

Nous allons continuer à accroitre cette présence dissuasive pour qu’aucune partie de la zone ne soit laissée vacante et ne permette à des groupes terroristes de s’installer sur la durée. Cette présence physique sera accompagnée d’une forte mobilité de nos troupes, mobilité facilitée par d’importants moyens logistiques dont DAMBE sera dotée. La mutualisation des moyens de l’Opération « DAMBE » et du Plan de Sécurisation Intégrée des Régions du Centre, notamment la création de plusieurs dizaines de postes de sécurité qui a commencé et se poursuivra, permettra d’amplifier la pression sur les groupes terroristes et d’obtenir des résultats tangibles avant l’hivernage.

Cependant, et ainsi que j’ai eu à le souligner aux forces vives avec lesquelles j’ai échangé lors de mes tournées, le combat contre l’insécurité est arrivé à un point crucial. Il nécessite désormais que tous acceptent de s’y impliquer. En effet, la traque engagée par nos forces armées et de sécurité ne laisse le plus souvent aux terroristes et aux bandits de grand chemin d’autre alternative que celle de tenter de se fondre dans la population. C’est pourquoi le concours de la population nous est indispensable pour éradiquer définitivement un péril qui a prélevé à ce jour un tribut humain, social et économique très lourd.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Le Gouvernement s’est donné comme deuxième vocation de rassembler les Maliens. Le Président de la République dans son adresse du Nouvel An à la Nation le 31 décembre 2017 a déclaré (je cite), « aucune crise de l’ampleur et de la complexité de celle que nous affrontons ne se résorbe par des solutions purement sécuritaires. La paix ne se maintiendra et ne se fortifiera que si se renforce aussi l’entente nationale » (fin de citation).
Ainsi que l’a diagnostiqué le Chef de l’Etat, les défis auxquels nous faisons face ne peuvent être relevés dans un climat de dissension permanente. Il est donc de la mission du Gouvernement de conduire un certain nombre d’initiatives concourant à la réconciliation et à l’apaisement. La première de ces initiatives constitue une prise en charge des instructions présidentielles. Elle concerne la rédaction d’un projet de loi sur l’Entente nationale, proposant des mesures spéciales d’amnistie ou de cessation de poursuite en faveur de certains acteurs.

Le texte, qui sera sous peu sur la table de l’Assemblée nationale, s’inscrit dans la droite ligne des résolutions de la Conférence d’Entente Nationale et de la Charte issue des travaux de cette Conférence. Il a bénéficié pour son élaboration du précieux concours du Médiateur de la République qui nous a remis le 06 mars dernier une proposition d’avant-projet de loi. Je tiens à exprimer à cet égard notre reconnaissance au Médiateur de la République pour sa contribution avisée.

Nous n’ignorons pas les appréhensions et les inquiétudes autour du projet de Loi. Aussi nous paraît-il indispensable de rappeler certains principes essentiels qui ont présidé à son élaboration. Le projet de loi offre une possibilité de pardon uniquement à ceux qui se sont laissés entrainer dans la contestation armée, mais qui n’ont pas commis l’irréparable et qui manifestent un repentir sincère. Ainsi les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes sexuels et tout autre crime réputé imprescriptible sont exclus du champ d’application du texte. En outre, tout acteur de la crise de 2012 qui souhaite bénéficier des mesures spéciales d’amnistie ou de cessation de poursuite doit se présenter personnellement devant les autorités compétentes pour reconnaître librement les faits qui lui sont reprochés, s’engager à ne plus y recourir et rendre les armes éventuellement en sa possession.

Les dispositions proposées excluent donc aussi bien l’instauration d’une prime à l’impunité que la possibilité d’un pardon accordé de manière indistincte. Le Gouvernement, pour sa part, procédera à des démarches d’information et de concertation auprès de tous les acteurs de la vie publique afin qu’aucun malentendu ne s’installe au sein de notre opinion nationale quant au contenu du projet de loi.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Le travail de rassemblement et d’apaisement que le Gouvernement entame concerne aussi de manière spécifique les acteurs de la situation au Centre de notre pays. Nous y avons initié un processus de dialogue de proximité ouvert à tous ceux qui renoncent à la violence. Ce processus est appuyé par un facilitateur professionnel, neutre et expérimenté, en l’occurrence le Centre Henri Dunant pour le Dialogue Humanitaire (HD). Cette Fondation conduit le même processus au Burkina Faso et au Niger, permettant ainsi une synergie d’action dans la mesure où nous partageons avec ces pays frères et voisins le même espace soumis aux mêmes défis et aux mêmes facteurs de menace sécuritaire.
Je tiens à le répéter, les violences intercommunautaires qui surgissent dans les Régions du Centre de notre pays sont loin d’être spontanées. Lorsque les forces du mal n’en sont pas les instigatrices, elles essaient d’en tirer profit. Le Gouvernement privilégie la voie du dialogue pour dénouer les tensions. C’est pourquoi, il a dépêché sur place une mission d’apaisement à laquelle ont participé les cadres des différentes communautés de la zone. Les élus des localités concernées se sont aussi largement impliqués pour circonscrire cette violence qui n’a pas sa raison d’être entre des communautés dont le vivre-ensemble en paix est séculaire, voire millénaire.

Parallèlement à ces actions d’apaisement, nous déploierons des initiatives susceptibles d’empêcher les jeunes de s’engager dans les rangs des djihadistes et d’aider ceux qui veulent en sortir de s’y soustraire. Nous le ferons en nous appuyant sur différents leaders sociaux et communautaires. Ces partenaires nous aideront à poursuivre et à intensifier les actions de sensibilisation, d’information et de « déradicalisation ».

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Le troisième axe du travail de rassemblement et d’apaisement du Gouvernement est relatif au processus électoral. Nous nous sommes donné comme objectif l’organisation d’élections transparentes, crédibles, apaisées et à bonne date.

A cet égard, nous prenons les mesures nécessaires pour fédérer toutes les bonnes volontés désireuses de s’impliquer en faveur d’un déroulement apaisé des élections. C’est dans ce cadre, que j’ai rencontré tous les acteurs concernés par le processus électoral. C’est dans ce cadre également que se situe la redynamisation du cadre de concertation entre le Gouvernement et les acteurs politiques que sont les Partis.

Les échanges ont permis de proposer un projet de loi électorale prenant en compte l’essentiel des propositions d’amélioration du processus électoral, à savoir la réintroduction des cartes d’électeur avec photo pour faciliter la reconnaissance des votants, la limitation du phénomène des votes par procuration, la suppression des votes par anticipation, la fixation d’un nombre minimum d’électeurs pour ouvrir un bureau de vote.

Ces innovations doivent rassurer aussi bien les électeurs que les compétiteurs. Elles montrent notre détermination et notre bonne foi à réaliser des élections correctes, conformes aux souhaits de toute la classe politique et aux instructions du Président de la République. Le Gouvernement maintiendra, voire accentuera ses efforts sur un meilleur fonctionnement des principaux cadres de concertation et de suivi du processus électoral. Cela afin de prévenir les mésententes et de trouver des consensus raisonnables sur toutes les difficultés d’importance qui seront décelées. Il assurera également un suivi adéquat du cadre institutionnel de pilotage des élections.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Les élections nécessitent un environnement sécurisé. C’est pourquoi, le Gouvernement prendra toutes les mesures qui s’imposent pour une amélioration de la situation sécuritaire dans tout le pays. A cet effet, je puis vous assurer que les Forces Armées et de Sécurité joueront pleinement leur rôle pour que nos concitoyens puissent accomplir leur devoir civique dans la sérénité.

Mais au-delà des mesures nécessaires prises par le Gouvernement pour une bonne organisation des élections, l’implication de tous les acteurs est indispensable pour que les compétitions électorales se déroulent dans un environnement apaisé. L’avenir de notre nation, chère à nous tous, dépend de l’esprit de raison que chacun de nous observera pour le plus grand bénéfice de la stabilité de notre pays et de la qualité de notre démocratie.

Il s’agit pour chaque Malienne et pour chaque Malien, d’assumer sa part de responsabilité dans la préservation d’équilibres internes qui restent encore fragiles et qui ne doivent pas être remis en cause par des débordements injustifiables.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

La troisième vocation du Gouvernement est de servir le peuple malien. Notre dédicace prend une importance toute particulière dans le contexte actuel. Elle répond à l’exhortation du Président de la République qui demande à nos compatriotes de n’abdiquer ni de l’espérance, ni de la confiance malgré les épreuves. C’est cette confiance et cette espérance que soutient le Programme Présidentiel d’Urgences Sociales dont l’exécution a déjà commencé. Ce Programme est constitué d’un ensemble de mesures et d’activités qui sont à mettre en œuvre dans le court terme avec un impact rapide et visible au bénéfice des populations, et particulièrement les plus vulnérables d’entre elles.

Le Gouvernement déploiera tous les efforts nécessaires pour accélérer la mise en œuvre du Programme. Que ce soit dans le domaine de la santé, du désenclavement, de l’éducation ou de la fourniture d’eau et d’électricité, nous ferons en sorte que la prise en charge des besoins fondamentaux et pressants bénéficie en priorité aux couches fragiles et aux revenus modestes.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Dans le domaine de l’électricité et de l’eau, le Gouvernement se focalisera sur l’accélération de la finition des projets en chantier et la prise de mesures pour assurer la fourniture régulière d’électricité sur tout le réseau EDM, particulièrement pendant la période de pointe. Nous prêterons aussi une attention particulière à l’amélioration de la situation financière et de la gouvernance d’EDM. Pour le réseau non connecté, 12 localités seront dotées de centrales hybrides pour un coût de 5 034 265 546 de F CFA et 127 autres localités en système d’éclairage solaire pour un montant de 13, 750 milliards de F CFA.

En ce qui concerne l’électricité, on peut notamment retenir :

- la réhabilitation des infrastructures énergétiques dans les régions du Nord du Mali ; la poursuite des travaux de réhabilitation des centrales hydroélectriques de Sélingué et de Sotuba ;
- la mise en œuvre du projet d’électrification de 15 localités dans les cercles de Kati et de Kangaba ;
- les projets d’extension et de réalisation des centrales hydroélectriques de Sotuba II (6 MW), de Kénié (42 MW) et de Gouina (140 MW) ;
- le projet de réalisation de la centrale thermique au fuel lourd à Kayes (92 MW) ;
- la poursuite du projet d’installation de lampadaires solaires à travers le territoire national ;
- la poursuite des projets de réalisation des centrales hybrides (solaire/thermique) ;
- la reprise du service public de l’électricité par le concessionnaire EDM-SA dans 13 localités.

En vue d’assurer un meilleur accès des populations à l’eau, le Gouvernement poursuivra les actions suivantes :

- la création de 2 507 équivalents points d’eau modernes (EPEM) en milieu urbain, semi-urbain et rural à travers des puits, des forages équipés de pompe à motricité humaine (PMH), de systèmes d’hydraulique villageoise/pastorale améliorés (SHVA/SHPA) et d’adductions d’eau potable/sommaires (AEP/AES) ;
- la réhabilitation de 670 équivalents-point-d’eau modernes ;
- la poursuite de la construction de la station de production et de traitement d’eau de Kabala ;
- la réalisation de 100 000 branchements sociaux ;
- la réalisation des infrastructures hydrauliques et le renforcement des capacités des différents acteurs du secteur de l’eau dans le cadre du Programme Sectoriel Eau Potable et Assainissement (PROSEA).

Il est également prévu l’achèvement de la réalisation de la phase 1 du Projet d’Alimentation en Eau Potable de la ville de Bamako à partir de la localité de Kabala qui permettra l’approvisionnement en eau potable de plus de 1 200 000 de nos concitoyens vivant dans la capitale, à partir du mois de décembre 2018.

Ce projet structurant est accompagné d’un important volet d’assainissement pour la gestion des eaux usées (440 000 000 litres/jour) et des boues de vidange.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

En matière d’éducation, il s’agira d’améliorer l’accès à l’éducation, d’augmenter la qualité des enseignements/apprentissages et de renforcer la gouvernance dans le secteur de l’éducation et de la formation professionnelle.

A cet égard, le Gouvernement prévoit notamment :

- l’organisation des cours de soutien dans les classes d’examens du Fondamental (9ème année) et du Secondaire (Terminales) ;
- le recrutement (déjà en cours) de 2579 enseignants dont 1567 dans l’Enseignement fondamental ; de 600 dans l’Enseignement secondaire général ; de 297 dans l’Enseignement technique et professionnel et de 115 dans l’Enseignement normal ;
- la dotation d’établissements du Secondaire général en matériels informatiques, en matériels de laboratoires et en tables-bancs ;
- l’acquisition d’un logiciel intégré de gestion des ressources humaines du secteur de l’Education.

Pour renforcer l’offre éducative et alléger les charges éducatives pour les familles des localités disposant d’écoles communautaires, le Gouvernement accélérera la transformation desdites écoles en écoles publiques et l’intégration de leur personnel enseignant dans la fonction publique des collectivités territoriales. Actuellement, les écoles concernées sont au nombre de 1764 pour 6089 enseignants recensés. Nous allons mettre en place un plan réaliste et budgétairement soutenable de transformation de leur statut.

Ce plan donnera la priorité aux établissements se trouvant dans les zones les plus frappées par la crise. C’est ainsi que d’ici fin 2018, toutes les écoles communautaires des Régions du Nord et du Centre seront transformées en écoles publiques. En outre, les membres de leurs personnels enseignants qui en remplissent les conditions et critères seront intégrés dans la fonction publique des collectivités territoriales.

Quant aux écoles coraniques qui constituent une dimension non négligeable de la formation dans notre pays, l’Etat ne peut continuer de les ignorer. Tout en conservant son caractère laïc, l’Etat, en rapport avec les promoteurs et les leaders religieux, proposera à ces structures un "partenariat de formation". Au terme de ce partenariat, ces écoles, en même temps qu’elles remplissent leur vocation première - l’enseignement religieux -, vont intégrer dans leur cursus des formations qualifiantes. Ainsi les jeunes apprenants pourront acquérir également des connaissances d’ordre pratique et professionnel leur permettant de s’insérer plus facilement dans la production ou éventuellement de continuer leur parcours dans les écoles classiques.

Dans le domaine de l’Enseignement supérieur, le Gouvernement s’attachera à l’amélioration de l’environnement de la formation, notamment en améliorant la fonctionnalité de la Cité universitaire par l’élargissement de la voie d’accès, la construction d’une route secondaire en terre pour désengorger la route principale et réduire, voire supprimer, les risques d’accidents sur cette route. Le Gouvernement accroîtra la disponibilité d’eau potable à la Cité pour y accueillir 4 080 étudiants en internat dès la rentrée prochaine.

La nouvelle Ecole Nationale d’Administration sera dotée des équipements nécessaires à sa pleine fonctionnalité pour la rentrée universitaire 2018-2019. Quant au projet de l’Université de Bandiagara, il franchira un pas décisif vers sa concrétisation à travers le démarrage courant 2018 de ses études architecturales.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Dans le domaine de la santé, le Gouvernement procédera au démarrage du projet d’amélioration et de modernisation du plateau technique des hôpitaux de Bamako et des villes de Kita, Niono, Koulikoro, Bougouni, Koutiala, Markala et San. En outre, nous allons accélérer la mise en réseau des établissements hospitaliers dans la perspective du développement de la télémédecine.

Le Gouvernement, soucieux de la survie et de l’épanouissement de l’enfant, compte entreprendre d’ici la fin de l’année des études de faisabilité d’un hôpital pédiatrique de référence à Bamako. Par ailleurs, des ressources nécessaires vont être débloquées pour que des soins dans des spécialités comme l’ophtalmologie ou l’odontostomatologie puissent être prodigués dans les hôpitaux qui sont encore dépourvus d’équipements idoines ou qui n’ont pu rendre fonctionnels ceux-ci. Ainsi sera épargné à de nombreux patients le déplacement jusqu’à Bamako.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Dans le domaine de la sécurité alimentaire, la situation de cette année est particulièrement difficile et délicate aussi bien pour les populations que pour le bétail à cause d’une pluviométrie déficitaire en plusieurs endroits. C’est pourquoi le Gouvernement procédera à des distributions gratuites et à des distributions subventionnées de vivres, d’aliment bétail et de vaccins pour animaux. En ce qui concerne les couches vulnérables, l’assistance alimentaire sera accompagnée d’un cash transfert.

Dans le domaine agricole, le Gouvernement poursuit l’exécution du Programme présidentiel d’Urgences sociales, à travers :

- l’équipement de 22 540 exploitations agricoles en matériels attelés (multiculteurs, charrues charrettes….), de 3 542 exploitations agricoles en matériels motorisés (tracteurs, motoculteurs, motopompes….) ;
- l’aménagement de 69 971 ha soit environ 70 % des objectifs globaux du Programme de 100 000 ha ;
- la mise à la disposition des producteurs de 4 000 tonnes de semences céréalières et maraîchères ;
- la mise à la disposition des producteurs de 443 874 tonnes sur une prévision de 493 408 tonnes, soit 90% ;
- la réalisation d’une production prévisionnelle de 9 514 298 de tonnes (toutes céréales confondues) sur un objectif de 9 820 245 tonnes, soit un taux de réalisation de 96,88 % ;
- la réalisation d’une production prévisionnelle en coton graine de 706 000 tonnes ;
- l’installation en cours de 10 centres ruraux de prestation agricoles (CRP). La construction des sites est achevée ; les marchés pour l’acquisition des équipements sont déjà en cours d’exécution.

Les perspectives de l’année 2018 en termes d’actions à entreprendre, s’articulent autour des principaux axes suivants :

- la poursuite de la politique de subventions des intrants agricoles ;
- la poursuite des aménagements dans le cadre des 100 000 ha fixés par le Programme présidentiel ;
- la poursuite de la mise en place de 300 commissions foncières aux niveaux des villages et fractions ;
- la poursuite de la mise en œuvre du Programme de Mécanisation et de Motorisation agricoles.
Pour mieux s’assurer d’une bonne production agricole au terme de la prochaine saison hivernale, le Gouvernement maintiendra le dispositif de subvention des intrants agricoles pour un montant de 44 milliards de F CFA. Il procédera également à l’acquisition et à la distribution de matériels agricoles (tracteurs et autres) pour 8 719 000 000 de F CFA.

Dans les secteurs de l’élevage et de la pêche, le Gouvernement a entrepris les actions ci-après :

- l’équipement des éleveurs en botteleuses motorisées (500) et en haches paille motorisées pour l’alimentation du bétail ;
- l’équipement des pêcheurs en kits de conservation du poisson, cages flottantes et kits de pisciculture ;
- la réalisation d’une unité de transformation du lait cru local à Bamako ;
- la réalisation de deux marchés à bétail à Bamako, rive droite et rive gauche ;
- le bitumage de la route (tronçon hôpital du Mali-Sabalibougou) menant à l’abattoir frigorifique de Sabalibougou.

Le Gouvernement a élaboré un plan de réponse de gestion de la crise pastorale dont certaines actions sont mises en œuvre, à savoir : le déparasitage, la vaccination, les repositionnements de l’aliment bétail subventionné.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Dans le domaine de l’habitat, le Gouvernement procédera à la distribution très prochaine de plusieurs milliers de logements sociaux sur la base de critères objectifs et dans une transparence totale.

En matière d’infrastructures, le Gouvernement s’emploiera à achever les principaux chantiers en cours. Il s’agit notamment de l’échangeur de Ségou et de ses voies d’accès ainsi que de la route Koulikoro-Bamako. En plus de ces chantiers majeurs, le Gouvernement réalisera un vaste programme d’entretien routier qui concernera des routes bitumées, des routes en terre et des pistes rurales.

Concernant toujours les infrastructures, le Gouvernement après l’acquisition et la mise en service de locomotives sur instruction du Président de la République, prendra des mesures afin que ce matériel reste fonctionnel pour améliorer la mobilité des populations sur l’axe ferroviaire et contribuer ainsi à relancer la dynamique sociale et économique que suscite le rail dans les bassins de vie concernés. On peut citer dans ce cadre, la réalisation de la voie d’accès à l’aéroport de Gao, de plus de 10 km de voirie à Kidal. Ce qu’il faut noter, c’est la préférence qui sera accordée aux entreprises locales dans la réalisation de ces travaux.

Dans le domaine de l’emploi des jeunes, les activités du Projet « l’emploi des jeunes crée des opportunités ici au Mali » (Projet EJOM), financé par le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union Européenne, porteront sur 8 620 jeunes dont 2400 jeunes pour cette année 2018.

En outre, 4500 jeunes âgés de 15 à 24 ans (filles et garçons) bénéficieront d’une formation de type dual dans les secteurs modernes et non structurés dans les localités de Bamako, Kayes, Kita, Koulikoro, Kati, Dioïla, Fana, Bougouni, Tominian, Mopti, Tombouctou et Gao.

En matière de développement industriel, le Gouvernement poursuit la mise en œuvre du Plan d’action de la Politique de Développement industriel qui a permis la création de nouvelles unités industrielles et l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des entreprises industrielles.

La mise en œuvre des contrats de performance entre l’Etat et certaines entreprises industrielles se poursuit ; elle a permis de les maintenir en activité et de renforcer leur compétitivité.

Le Gouvernement adoptera le projet de loi relatif au régime des Zones Economiques Spéciales (ZES) en juillet 2018. L’établissement d’un régime national de Zones Économiques Spéciales (« ZES ») sera un outil politique qui servira de catalyseur efficace pour la construction d’infrastructures, la diversification et la croissance économique par la valorisation des ressources et du potentiel industriel du Mali et le développement des exportations.
Cette initiative sera menée de concert avec les pays voisins et frères du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, avec lesquels il s’agira de promouvoir un développement économique transfrontalier, facteur d’intégration. Le lancement se fera le 14 mai 2018 à Sikasso en présence de mes homologues Burkinabé et Ivoirien.​​

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Les actions inscrites dans la triple vocation du Gouvernement ne porteront véritablement fruit que si nous nous attachons aussi à restaurer la confiance des citoyens en l’action publique. Il est important que l’appareil administratif soit remis en ordre, que la gestion publique soit assainie, que la corruption soit combattue, que l’impunité soit bannie de nos mœurs administratives.

Dans ce cadre, le Gouvernement réitère son engagement à poursuivre les actions d’amélioration de la gouvernance publique, notamment la lutte contre la corruption et la délinquance financière. A cet effet, l’opérationnalisation de l’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite sera accélérée. Les mesures idoines seront prises, en rapport avec la Représentation nationale, pour lever les obstacles liés à certaines dispositions de la Loi n°2014-015 du 17 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite. Un processus inclusif, ouvert et participatif sera engagé pour l’adoption d’une loi sur la transparence de la vie publique.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Les bonnes relations avec nos partenaires bilatéraux et multilatéraux sont déterminantes dans la réussite de nos actions, telles que celles-ci ont été exposées dans la présente Déclaration de Politique Générale. Ceci est un impératif que notre diplomatie garde constamment à l’esprit. En effet, les défis et les menaces auxquels notre pays est confronté sont transnationaux et mettent la mutualisation de nos capacités au cœur de notre réponse. Si nos amis et partenaires nous prêtent l’attention souhaitée, nous empêcherons ensemble l’extension du mal.

Il s’avère donc nécessaire de renforcer la coopération avec nos différents partenaires pour mieux réussir l’opérationnalisation de certaines priorités du Gouvernement, à savoir la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, le déroulement apaisé des opérations électorales et la montée en puissance de la force conjointe du G5 Sahel.

Le retour du Mali sur le devant de la scène internationale, qui est une réalité aujourd’hui, est dû principalement aux efforts personnels et inlassables du Président de la République. Ces efforts seront relayés par des services diplomatiques forts, dynamiques et agressifs dans le sens positif du terme.


Le rayonnement du Mali au-delà de ses frontières est aussi assuré par nos compatriotes établis à l’extérieur dont nous saluons ici l’attachement à la patrie et l’apport précieux. Un apport reconnu de tous à l’économie nationale et à la prospérité de leurs terroirs d’origine. Mais aussi un apport important constitué par le plaidoyer ardent en faveur des grandes causes maliennes qu’ils développent dans les pays où ils sont installés. Le Gouvernement veillera à la préservation de leurs droits, de leur dignité et de leur plein épanouissement dans les pays d’accueil. Et pour valoriser davantage leur contribution au développement du pays et en tirer le meilleur parti, notamment pour l’investissement, le Gouvernement avec l’appui de la Banque africaine de Développement (BAD) propose le lancement de "Diaspora Bonds".

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Les actions ci-dessus décrites ne sont pas exhaustives et le Gouvernement veillera rigoureusement à la mise en œuvre de tous les engagements qui n’ont pas été expressément évoqués dans cette déclaration, mais qui découlent du programme présidentiel ‘’Le Mali d’abord’’ dont nous abordons l’ultime phase de mise en œuvre.

Pour mener à bien sa mission, le Gouvernement entend faire de l’efficacité son credo et du terrain son champ d’action. Il est ouvert aux initiatives et propositions de nos illustres députés en vue de concrétiser son action.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

La Déclaration de Politique Générale que j’ai l’honneur de vous présenter a pour ambition de coller au réel et d’apporter des solutions précises à des problèmes rigoureusement analysés. En conséquence de quoi, elle n’annonce que ce qui sera tenu. Cependant certains pourraient nous trouver excessivement ambitieux dans nos objectifs au regard du laps de temps qui nous sépare de l’élection présidentielle.

Je répondrai à ces réserves par deux remarques. Tout d’abord, le Gouvernement que je dirige appréhende la longévité qui lui est impartie non comme un handicap, mais comme un stimulant. Comme j’ai déjà eu à le dire, notre volonté de travail peut faire reculer les limites du possible et, je puis vous l’assurer, elle les fera reculer.

Ensuite-et cela est le plus important-, toutes les actions énoncées dans cette Déclaration de Politique Générale sont incontournables pour sortir des épreuves que nous affrontons. Elles ne peuvent être différées principalement pour quatre raisons : elles prennent en charge des initiatives qui doivent être engagées d’urgence ; elles se rattachent à des situations qu’il faut rectifier sans tarder ; elles résultent de décisions parfois difficiles à prendre, mais indispensables ; elles donneront dans le très court terme des motifs d’espoir à nos concitoyens et témoigneront de notre volonté de rester une Nation débout.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

A cet égard, je voudrais dire, sans aucune ambiguïté, que l’action que nous menons s’inscrit clairement dans la fidélité à notre Projet Démocratique National et à la profonde aspiration au changement qui l’a sous-tendu durant des décennies de lutte politique opiniâtre, persévérante et courageuse. Nous n’épargnerons aucun effort en vue de parvenir à une démocratie de courtoisie, une démocratie de considération réciproque ; une démocratie qui n’édulcore pas nos divergences et qui ne nie pas nos différences. Mais en même temps une démocratie qui, en ces temps difficiles, favorise la recherche des voies de sortie à travers un idéal commun et une réflexion partagée.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

L’idéal, c’est la sauvegarde de notre patrie, sauvegarde qui doit être placée au-dessus de toute autre considération. La réflexion partagée, c’est la mise en commun de nos intelligences et de nos énergies. C’est vers cette démocratie focalisée sur l’essentiel que nous devons nous tourner aujourd’hui. Car nos populations sont lasses des réquisitoires. Ce qu’elles demandent, c’est que leur soient présentées des solutions.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Ces solutions, mon Gouvernement les a identifiées et en applique déjà certaines. Si l’actuelle Déclaration de Politique Générale est adoptée par votre auguste Assemblée, nous prendrons soin de maintenir lors de sa mise en œuvre une méthode que nous pratiquons déjà : toujours rencontrer les principaux interlocuteurs politiques et sociaux pour expliquer nos actions les plus importantes, recueillir leurs attentes, construire des points de jonction entre les unes et les autres.

Il est en effet indispensable pour le Gouvernement de bâtir l’adhésion la plus large possible autour de ses initiatives.

A cet égard, je peux vous assurer que notre investissement dans le rétablissement de la paix et de la sécurité n’amoindrira en rien nos efforts en faveur de la fourniture du minimum social aux populations les moins favorisées. Car l’accès des foyers démunis ou fragiles à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau et à l’électricité constitue un gage de stabilité pour notre Nation.

J’estime tout autant important de souligner que la défense de l’indivisibilité et de l’unité du Mali n’est pas antinomique de l’amélioration de la gouvernance locale. En même temps que nous restaurerons la présence et l’autorité de l’Etat, nous veillerons à une plus grande implication des populations dans l’identification et la réalisation de leurs objectifs prioritaires de développement dans le cadre de la libre administration des collectivités territoriales.

La pérennité de notre redressement socio-économique et la solidité de notre démocratie dépendront en grande partie de la capacité des terroirs à structurer et à mettre en œuvre la vision qu’ils ont de leur devenir. Il est cependant important de souligner que cette capacité des terroirs ne se fortifiera que si les élites intellectuelles locales ont des opportunités réelles de rester sur place et d’œuvrer au mieux-être de leurs collectivités.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Les défis qu’aborde le Gouvernement sont d’une importance et d’une complexité sans doute inédites. La manière dont l’équipe que je dirige relèvera les différents challenges aura une importance certainement décisive sur le devenir de notre Nation. Un proverbe chinois affirme (je cite) que « l’homme est le fils de l’obstacle ». Notre Nation est d’une certaine manière la fille des obstacles victorieusement surmontés depuis cinquante-huit ans.

Je suis certain que nous maintiendrons cette spécificité malienne. Je ne sous-estime pas les difficultés qui se dressent devant le Gouvernement, mais je voudrai réitérer ici notre totale détermination à les surmonter et à remplir, avec votre précieux appui, le mandat que le Président de la République nous a confié.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

J’ai l’honneur de solliciter, au nom du Gouvernement de la République du Mali, votre confiance et votre soutien.

Je vous remercie de votre attention. »



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