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Niger Les OSC dénoncent l’« agression sauvage de l’Exécutif contre les libertés publiques et les droits fondamentaux »


Société

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Nous, citoyennes et citoyens, organisations de la société civile nigérienne, regroupés au sein du Cadre de Concertation et d’Actions Citoyennes, réunis en séance extraordinaire faisons la déclaration dont la teneur suit:

Il vous souviendra que depuis plusieurs mois, ce sont des centaines de milliers des citoyennes et des citoyens, qui sortent massivement et pacifiquement, à l’appel du Cadre d’Action, pour demander la modification de la loi de finances 2018, compte tenu du caractère fortement injuste et inadmissible de son contenu. Cette demande citoyenne suffisamment argumentée, nous l’avions, tour à tour, adressée, et à la Représentation nationale et à l’Exécutif, estimant qu’au moins un de ces pouvoirs, aurait l’élégance démocratique d’accéder à ces revendications populaires.

Malheureusement, le Pouvoir Exécutif, fort de l’alignement des pouvoirs législatif et manifestement judiciaire, derrière lui, n’a trouvé mieux que de recourir à la violence aveugle et l’arbitraire contre les paisibles citoyens.

C’est ainsi que, le 25 Mars 2018, l’on a assisté à un déferlement, sans précédent, des forces de défense et de sécurité contre, d’abord les sièges des organisations légalement reconnues, puis contre les défenseurs des droits de l’homme, pour la plupart se trouvant dans les locaux de leurs organisations, ensuite contre les manifestants pacifiques et enfin contre les médias indépendants. Le bilan de cette agression sauvage de l’Exécutif contre les libertés publiques, les droits fondamentaux et la démocratie s’établit comme suit :

-23 défenseurs de droits de l’homme et manifestants pacifiques détenus et expédiés, dare-dare, un peu partout dans les prisons civiles de Filingué, de Tillabéry, Ouallam, Daikaina, Téra…etc. de façon exhaustive, les détenus sont :

1-Me Lirwana Abdourahamane ;
2-Nouhou Mahamadou Arzika ;
3-Moussa Tchangari ;
4-Ali Idrissa ;
5-Moctar Oumarou ;
6-Halarou Abdou ;
7-Ousseini Maiga ;
8-Moumoudou Seyni ;
9-Moustapha Ibrahim ;
10-Abdoul Aziz Issaka ;
11-Ibrahim Malam Nameiwa ;
12-Bachir Kadri ;
13-Abdoul Kader Hamza ;
14-Alassane Souleymane ;
15-Idrissa Adamou ;
16-Aminou Tayabou ;
17-Abdoulaye Mamadou Koné ;
18-Issoufou Maiwanzam ;
19-Hamaye Abdou ;
20-Chapiou Mahamadou ;
21- Mohamed Aminou Nassirou Hassane ;
22-Soumaila Hassane ;
23-Abdouljamal Alassane.

Les chefs d’accusation échafaudés contre eux, vont de l’organisation et participation à une manifestation interdite, à la complicité de violence, de voie de fait, de dégradation des biens et de provocation d’attroupement par écrit.
-La radio et télévision Labarai (RTL) fermée et assiégée par les forces de l’ordre, sur ordre, tenez-vous bien, du ministre de l’intérieur, Bazoum Mohamed, par ailleurs président fraichement élu du PNDS Tarraya, parti au pouvoir ; et ce en violation flagrante de la constitution et les lois et règlements régissant la liberté de la presse au Niger.
Citoyennes, citoyens, chers camarades

Il vous souviendra également que la marche citoyenne du 25 Mars dernier, a été interdite par les autorités municipales pour des raisons, disent-elles, « évidentes de sécurité » ; force est de constater, que tous les défenseurs des droits de l’homme arrêtés le 25 Mars sont soigneusement déportés dans des prisons situées dans les zones en état d’urgence, peut-être en vue de les liquider et désigner les terroristes qui écument la région pour responsables tout trouvés.

Que pouvons-nous légitimement penser du juge qui a signé les mandats de dépôts pour placer nos camarades dans ces prisons ? qu’il ignore que ces prisons sont situées dans les zones marquées par des attaques terroristes répétées ? Non, et tout nous fonde à redouter une intention malveillante contre nos camarades.

Au regard de tout ce qui précède :
Considérant que ces arrestations massives et injustes participent d’une diversion pour nous dévier des vrais objectifs de notre lutte citoyenne engagée contre la loi de finances 2018, le bradage de nos ressources naturelles, l’aliénation de la souveraineté nationale à travers l’installation à tort et à travers des bases militaires étrangères, la liquidation de l’école publique, en particulier l’enseignement supérieur …etc.

Constatant que toutes ces dérives autoritaires ne sont que l’expression grandeur nature de la désactivation du mécanisme de contre-pouvoir classique (pouvoirs législatif et judiciaire) au seul profit du Pouvoir Exécutif devenu hypertrophique, hégémonique et ivre d’autorité et de sa toute puissance ; un pouvoir Exécutif, lui-même totalement capturé par une clique qui dicte ses désidératas au reste de la majorité au pouvoir, hélas, entièrement émasculé ;
Conscients que face à cette expansion assombrissante de l’exécutif et la léthargie étourdissante du législatif et du juridictionnel, les organisations de la société civile, et au-delà le peuple nigérien tout entier, doit constituer le dernier rempart pour stopper l’excroissance dangereuse de l’Exécutif ; cette excroissance est dangereuse contre la démocratie et l’Etat de droit au Niger. Comme le dit, l’autre, « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir ».
Considérant que, pour paraphraser Montesquieu, il n’y a point de liberté et de démocratie, lorsque les puissances de légiférer et de juger s’alignent systématiquement derrière la puissance Exécutive ;

Notant qu’en pareilles circonstances, la constitution ne laisse pas les citoyens désarmés, car la loi fondamentale, à laquelle nous avons, tous, juré loyauté et respect, nous donne le droit, voire nous fait obligation, comme l’indique son préambule, de résister contre « la dictature, l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le népotisme, le pouvoir personnel et le culte de la personnalité » ;
C’est pourquoi, le cadre de concertation et d’action citoyenne :

Appelle à un sursaut individuel et collectif de tous les citoyens pour dé-radicaliser l’Exécutif nigérien et modérer ses agissements, en prenant massivement part aux journées d’actions citoyennes (JAC); étant entendu que la libération de nos camarades désormais otages de la clique au pouvoir et la satisfaction des revendications justes et légitimes de citoyens dépendent du degré de mobilisation populaire ; Rien ne peut contre un peuple mobilisé et déterminé ;
Lance un appel vibrant, à toutes et à tous, pour faire du pays mort projeté le lundi 2 Avril 2018 un succès éclatant sur l’ensemble du territoire national ;

Engage l’ensemble de ses organisations membres à prendre toutes les dispositions appropriées pour le succès retentissant de la prochaine marche pacifique prévue pour le dimanche 8 Avril 2018 sur l’ensemble du territoire national.
Invite toutes les forces vives de la nation, sans exclusive, à se joindre à nous pour sauvegarder la démocratie et l’Etat de droit dans notre pays ;

Informe l’opinion publique nationale et internationale de la mise en place par le cadre de Concertation et d’Action Citoyenne d’un « Fonctio-baromètre ». Il s’agit d’un outil de monitoring qui sert à identifier et documenter nommément et photo à l’appui, tous les fonctionnaires et autres agents indélicats de l’Etat qui utiliseraient illégalement la puissance administrative, policière, militaire, judiciaire et autres contre la démocratie, les libertés fondamentales, l’Etat de droit et le peuple ; car, l’article 15 de la constitution interdit très clairement « d’obéir un ordre manifestement illégal. » Leur liste et faits commis seront partagés avec l’opinion sans préjudice de poursuite judiciaire au moment opportun.

En avant pour la sauvegarde de la démocratie et de l’Etat de droit !
Tous Unis, Nous vaincrons ;
La lutte continue

Fait à Niamey, le 28 Mars 2018



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