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République Centrafricaine Cardinal Dieudonné: « 2018 doit être l'année de la réconciliation pour la Centrafrique »


Société

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Mgr Nzapalaïnga Dieudonné a du mal à trouver les mots pour parler des maux dont souffre son pays, la République centrafricaine: fréquentes exactions, groupes armés tout puissants, pauvreté immense, population abandonnée par l’État… Engagé dès les premiers jours du conflit en faveur de la réconciliation et de la paix, l’archevêque de Bangui refuse aujourd’hui de se résigner, et va encore et toujours sur le « front écouter et consoler les oubliés, les perdus, les désespérés… »

Quelle est votre analyse de la situation en RCA ?

C’est une crise militaro-politique.

Militaire parce que les 15 groupes armés existants contrôlent les trois quarts du pays. Ils prétendent protéger la population alors qu’ils se comportent en prédateurs : dans 14 des 16 préfectures du pays le racket organisé par ces groupes est un fléau quotidien auquel se rajoutent des exactions et massacres.

Politique, car au vu de la situation les services publics de santé, d’éducation, de police et de justice tendent à s’effacer progressivement. Et ce ne sont pas ces « groupes » qui vont construire des routes, des écoles ou des dispensaires…

Pendant ce temps, les besoins humanitaires explosent et les financements diminuent.

C’est exact ! Et c’est d’autant plus grave que le travail des humanitaires n’est pas respecté, aucun code de bonne conduite n’est appliqué. Mais, au-delà même de la pauvreté considérable, la situation est explosive et l’impuissance de l’État manifeste !

Les jeunes âgés de 16 à 20 ans, membres des groupes armés, sont manipulés par les seigneurs de guerre qui les commandent. Ceux-ci ont un seul objectif : protéger leur butin, c’est-à-dire les boeufs pris aux éleveurs et les richesses minières et forestières (boir, or, diamants… ), près desquelles ils se sont installés afin de les exploiter. Dès qu’un groupe sort de sa zone d’exploitation pour aller prospecter ailleurs c’est la guerre !

Quels leviers utiliser pour sortir de la haine et arrêter les massacres?

Nous avons mis en place une « cellule de communication », formée de musulmans, catholiques et protestants, qui diffuse sur les ondes dans tout le pays des messages de paix, de réconciliation, et de pardon, et qui explique que nous ne sommes pas dans un conflit religieux, mais dans une logique de clans qui exploitent l’argument religieux pour faire avancer leurs intérêts. Cette « cellule » donnera bientôt naissance à une radio spécifique.

Autre levier, la « Plateforme des confessions religieuses en Centrafrique » dans laquelle, depuis septembre 2012, protestants, catholiques, et musulmans réunis expliquent l’importance du pardon à la population. La plateforme fonctionne ! Ainsi, à Kuango, au centre de la Centrafrique, en cas d’arrestation arbitraire d’un villageois, un imam, un prêtre et un pasteur protestant se joignent au maire pour demander au groupe armé responsable de «l’enlèvement » sa libération.

Thierry Vircoulon, chercheur à l'IFRI, écrit dans une tribune au journal Le Monde : « Les esprits centrafricains comme internationaux sont dominés par la résignation et le renoncement». Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas résigné ! Je monte au front. Ainsi, en janvier, je vais dans le nord pendant onze jours. Sur le terrain, je rencontre des responsables politiques, des jeunes, des rebelles…

Alors que beaucoup de mes compatriotes ont peur, sont pris en otage, se sentent abandonnés, je cherche sans cesse des signes d’espoir. Mon objectif, c’est de les écouter et de les consoler. Je leur dis : « Dieu ne vous abandonne pas ! »

2018 : « Que les Centrafricains se réconcilient ! »

Il faut que les parties au conflit engagent un dialogue sincère et authentique, que chacun « vide son sac ».

Il faut négocier, ce qui suppose de renoncer à certaines idées qui peuvent bloquer tout progrès vers la paix.

Amis français,

je vous demande de prier pour la Centrafrique.

Nous voulons que la paix pénètre dans notre pays habité par la haine et privé de développement.

Nous voulons que la paix entre dans le cœur des uns et des autres.

Que les Centrafricains se réconcilient avec Dieu et avec leurs frères et sœurs !

L'AUTEUR
Secours-Catholique


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