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Afrique L’Ouganda redouble d’efforts pour venir en aide aux femmes victimes de violence


Femme et santé

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La violence à l’égard des femmes est un problème de santé publique d’ampleur mondiale. En Ouganda, plus de la moitié des femmes ont été confrontées à la violence au moins une fois dans leur vie, le plus souvent aux mains d’un partenaire intime; cela les empêche de se sentir en sécurité chez elles, alors que leur maison devrait être un abri.

«La violence à l’égard des femmes est partout en Ouganda», explique le Dr Olive Sentumbwe, administratrice du bureau de l’OMS en Ouganda, recrutée sur le plan national. «Quelle que soit leur place dans la société, les femmes sont victimes d’abus répétés, ce qui a des conséquences sur leur santé physique et mentale.»

La violence reste souvent cachée, car les victimes craignent pour leur sécurité ou ont peur d’être stigmatisées. Rares sont celles qui demandent de l’aide. Celles qui font appel à des professionnels se tournent souvent vers l’établissement de santé local, qui est en mesure de répondre à leurs besoins immédiats sur le plan physique ou mental, par exemple soigner les traumatismes ou donner accès à une contraception d’urgence.

Les femmes victimes d’actes de violence ont plus de risques de contracter des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, de souffrir de traumatismes, de connaître des troubles liés à la consommation d’alcool, de souffrir de dépression, de tenter de se suicider ou de subir d’autres conséquences pour leur santé ; le système de santé est donc un acteur clé de l’appui aux victimes.
Faire en sorte d’éliminer un problème national

Pour lutter contre le problème, le Ministère des questions de genre, du travail et du développement social a mis sur pied, en association, entre autres, avec les ministères de la santé, de la justice et de l’éducation, le plan d’action national pour l’élimination de la violence sexiste. Le plan d’action est axé sur la mise en application de la législation et des politiques nationales relatives aux violences domestiques et au viol conjugal, sur la mise à disposition de services de santé pour les victimes, sur la sensibilisation et sur la formation des forces de l’ordre et des agents de santé aux moyens d’action.

En 2015, l’OMS a travaillé avec le Ministère de la santé pour mettre à jour son manuel de formation national à la violence sexiste. Le manuel est maintenant utilisé, en association avec les lignes directrices cliniques et stratégiques de l’OMS ainsi qu’avec son manuel clinique sur la réponse aux actes de violence commis par le partenaire intime et aux actes de violence sexuelle, lors d’ateliers d’une semaine visant à former les prestataires de soins de santé, les dirigeants communautaires et les agents du système judiciaire à la façon de prendre en charge les victimes de violences.

À ce jour, plus de 400 agents de santé ont été formés dans le pays, ce qui a permis de créer un réseau de personnes engagées dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Une infirmière ayant assisté à une formation en 2016 a déclaré: «Le manuel clinique m’a permis d’acquérir les connaissances nécessaires pour déterminer qu’une personne est victime de violences et je suis maintenant capable de l’examiner, de lui administrer le traitement approprié et de l’orienter vers un autre service si nécessaire. »

Les établissements de santé du pays sont dotés de l’équipement nécessaire pour fournir un ensemble de soins de base aux victimes de viol, notamment une contraception d’urgence, un traitement prophylactique postexposition et un soutien en matière de santé mentale, conformément aux recommandations des lignes directrices de l’OMS.

L’OMS a également mis sur pied un manuel de sensibilisation et lancé en 2014 un groupe de porte-drapeau pour la lutte contre la violence sexiste afin d’attirer l’attention des décideurs politiques et d’encourager une intervention plus ferme de la part du Gouvernement.

«Maintenant, davantage de cas de violence sont signalés aux services professionnels dans tout le pays, ce qui veut bien dire que nous faisons des progrès», déclare le Dr Abdoulie Dodou Jack, représentant de l’OMS par intérim en Ouganda. « Nous ne savons pas encore si les comportements changent ou si l’incidence est en baisse, mais il ne fait aucun doute que les médias accordent une plus grande place à cette question, ce qui permet de sensibiliser la communauté. »
Un problème mondial

La violence à l’égard des femmes n’est pas seulement un problème en Ouganda, c’est un problème partout dans le monde. À l’échelle mondiale, environ une femme sur 3 a été victime dans sa vie de violence physique et/ou sexuelle exercée par un partenaire intime ou de violence sexuelle exercée par une autre personne.

En 2016, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté le Plan d’action mondial visant à renforcer le rôle du système de santé dans une riposte nationale multisectorielle à la violence interpersonnelle, en particulier à l’égard des femmes et des filles et à l’égard des enfants. Le plan encourage les pays à améliorer la prestation des services de santé et à accroître la capacité des agents de santé à appuyer les victimes, ce qu’a fait l’Ouganda.

L’OMS vient de publier un nouveau manuel portant sur le renforcement des systèmes de santé dans le but de venir en aide aux femmes victimes de violences exercées par le partenaire intime ou de violences sexuelles, qui fournit un guide pratique à l’intention des gestionnaires de la santé et des décideurs politiques pour la planification, la gestion et la surveillance des services destinés aux femmes victimes de violences.

«Les services de santé jouent un rôle crucial dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes», dit le Dr Claudia Garcia-Moreno, qui dirige les travaux de l’OMS sur les violences à l’égard des femmes. «Ce guide est un outil pratique dont l’objectif est d’aider les pays à prodiguer aux femmes victimes de violences des soins de qualité, tout en protégeant leur vie privée et en garantissant leur confidentialité et le respect de leurs droits.»

L'AUTEUR
OMS


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