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République Centrafricaine Faustin Archange Touadera veut mettre fin aux monopoles qui pèsent sur l’économie centrafricaine


Economie et finances

Agenceecofin | | Commenter |Imprimer
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Prenant la parole en ouverture des travaux du forum des investisseurs qu’abrite son pays depuis le 8 novembre 2017, le président Faustin Archange Touadera (photo) de la République Centrafricaine a annoncé la fin des monopoles au sein de son économie.

« Les options politique et économiques de la République Centrafricaine sont clairement affirmées, notamment la libre concurrence, la suppression de la quasi-totalité des monopoles, et la libéralisation du commerce », a fait savoir le président de la République, sans donner de précisions sur les monopoles dont il était question.

Le professeur Touadera devenu le Président de ce pays d’Afrique subsaharienne à l’issue d’élections très sensibles, s’est désormais tourné vers le relèvement de la situation économique. Une ambition pour laquelle il estime que le secteur privé a un rôle essentiel à jouer. Mais il souhaite que cette implication des investisseurs, s’opère dans le cadre du respect du droit. « Notre ambition est le développement d’une économie compétitive. A cet effet le gouvernement est en train de prendre plusieurs mesures pour rendre le climat des affaires attrayant » a-t-il déclaré.

Parmi ces mesures on retrouve le libre accès pour tous et la transparence dans la passation des marchés publics, ainsi que la possibilité pour les investisseurs de recourir à l’arbitrage international en cas de survenance de désaccords. Ce discours a été suivi par une centaine d’investisseurs venus des USA, d’Europe, de Russie, d’Asie, mais aussi de la sous-région (Nigéria et Tchad), curieux d’en savoir plus sur les opportunités du pays.

Même si des poches d’insécurité subsistent, la reprise de l’économie se fait remarquer dans ce pays qui subit les effets négatifs de décennies d’instabilités socio-politiques. Le pays est parvenu à inverser la courbe de la croissance de son Produit Intérieur Brut, le portant d’une situation négative, à une évolution positive à la fin 2016 (+4,5%). Des responsables du gouvernement et du secteur privé, ont aussi confié à l’Agence Ecofin, que de nombreuses réformes, notamment en matière de création d’entreprises avaient été mises en place.

Mais s’affranchir des monopoles risque d’être un défi de taille. Même si le président de Centrafrique ne l’a pas mentionné explicitement, dans les couloirs plusieurs conférenciers expliquent que le poids des entreprises françaises sur l’économie du pays est assez lourd. Et leur part dans les recettes fiscales du pays les rend incontournables, voire omnipotentes.

Dans un tel contexte, la construction d’un secteur privé local n’est pas chose facile. D’autant plus que des années d’instabilités ont plombé la capacité à former une ressource humaine compétitive et immédiatement disponible. Le secteur financier a lui aussi été laminé par une augmentation de créances douteuses, selon un récent rapport du FMI. Les nouveaux investisseurs se montrent souvent frileux face à cette somme de risques.

Pourtant le pays regorge d’opportunités. Ses 15 millions d’hectares de terres cultivables sont plus qu’il en faut pour apporter l’autosuffisance alimentaire à une bonne partie de l’Afrique subsaharienne.

La nouvelle équipe dirigeante semble décidée à faire les choses différemment et tirer profit de tous les atouts au pays, à commencer par son sous-sol qui mériterait d’être davantage exploré.

Les bailleurs de fonds, notamment la Société Financière Internationale et l’Union Européenne, se disent prêts à accompagner le pays. L’ambassade de France en Centrafrique a également mobilisé une importante délégation de l’Agence Française de Développement, dont Proparco, la branche en charge du soutien au secteur privé dans les pays en développement.

Idriss Linge



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