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Cameroun La libération des activistes anglophones en couverture des journaux camerounais


Société

Apanews | | Commenter |Imprimer

En annonçant, la veille l’arrêt des poursuites judiciaires devant le tribunal militaire contre des leaders du mouvement sécessionniste anglophone, le président Biya s’est adjugé les principales manchettes des journaux camerounais parus jeudi.


L’apaisement, qu’évoque Le Quotidien de l’Économie et Le Jour, est le mot qui revient régulièrement dans les analyses pour qualifier l’acte présidentiel qui vise des syndicalistes, mais également des leaders du Consortium de la société civile anglophone.

Cette mesure n’est pas gratuite, si l’on s’en tient aux actes d’accusation portés contre les intéressés, insiste Émergence qui liste ainsi les crimes à eux reprochés : coaction de terrorisme, hostilité contre la patrie, sécession, révolution, insurrection, outrage à corps constitués et aux fonctionnaires, excitation à la guerre civile et propagation de fausses nouvelles.

«Pour mettre un terme à la crise anglophone, constate l’hebdomadaire Baromètre Communautaire, le chef de l’Etat a décidé de manier le bâton et la carotte, l’arrêt des poursuites judiciaires contre les activistes participant du souci d’apaisement et de cohésion sociale, en vue d’assurer une rentrée scolaire effective sur toute l’étendue du territoire.»

C’est effectivement «libération des prisonniers contre rentrée scolaire, confirme Mutations, qui souhaite que le message d’apaisement ne donnera pas lieu à de la surenchère politique de la part des sécessionnistes.

«Freed at last» (enfin libres), s’exclame The Guardian Post sur quatre colonnes en couverture, affichant les portraits des principaux meneurs de la contestation anglophone que sont l’avocat Nkongho Felix Agbor, l’enseignant d’université Fontem Neba et le magistrat Paul Ayah Abine.

InfoMatin a fait le même choix graphique, sous le titre «Libres, mais ça ne suffit pas» : la communauté anglophone dit merci au chef de l’État, mais exige désormais que ses ressortissants soient à la tête de ministères de souveraineté tels que la Défense, l’Éducation ou encore les Finances.

«Il serait hasardeux de considérer l’acte de mansuétude du chef de l’État comme de la lâcheté : en bon père de famille, il opte pour le vivre-ensemble plutôt que de prêter le flanc à ceux qui rêvent secrètement d’une escalade de la violence en zone anglophone pour tirer les marrons du feu.»

Paul Biya va au-delà de la mansuétude, rétorque The Median, il met sévèrement en garde les ennemis de la paix, de la concorde nationale et du développement du Cameroun, promettant cette fois des sanctions appropriées contre ceux qui ne rêvent que de voir le Cameroun à feu et à sang.

En usant des prérogatives que lui confère la Loi fondamentale, écrit L’Essentiel, le président Biya démontre sa grandeur d’homme d’État qui sait écouter et pardonner, à la grande satisfaction des défenseurs des droits de l’homme et autres leaders politiques, qui voient dans cet acte présidentiel une piste vers l’apaisement sociopolitique dans les régions anglophones.

«Paul Biya choisit l’apaisement», analyse le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : «Passé maître dans l’art d’être imprévisible et de déjouer les pronostics, Paul Biya en a surpris plus d’un hier, en ordonnant l’arrêt des poursuites judiciaires contre des ténors du mouvement de contestation - syndicale à l’origine - et de violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Un véritable coup de tonnerre. Mais aussi un acte de clémence louable et hautement significatif, que les bienveillants n’osaient espérer, mais que les partisans du pire redoutaient, conscients des dividendes qu’un tel signal pourrait produire sur le climat social.»

Il ne s’agit point d’une volonté délibérée d’instaurer un climat de confiance entre les communautés anglophone et francophone, affirme pour sa part The Post, qui y voit davantage les conséquences des pressions multiformes auxquelles était soumis le régime de Yaoundé depuis des mois.



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