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Bénin Le PCB qualifie le régime de Patrice Talon de “dictatorial”


Politique

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Les critiques du Parti communiste sur la gestion de Patrice Talon En conférence de presse à Cotonou ce mardi 20 décembre 2016, les responsables du Parti communiste du Bénin (PCB) ont dit tout le mal qu’ils pensent de la gestion du gouvernement de Patrice Talon. Le PCB, par la voix de son porte-parole, Jean Kokou Zounou, s’est prononcé sur plusieurs sujets d’actualité. Sur toute la ligne, les communistes dénoncent le régime de Patrice Talon qualifié de “dictatorial”.

“Avec le président Talon, on a comme un patron en face de qui tous les citoyens sont soit des employés, soit des concurrents à affaiblir et éliminer”. Le Programme d’action du gouvernement lancé le 16 décembre dernier n’échappe pas aux critiques. Le président de la République concentrerait la gestion de la plus grande partie Programme. “Donnant ainsi l’image qu’en dehors du Chef, l’équipe gouvernementale est réduite au rôle de spectateur ou de garçons de course”, selon Jean Kokou Zounon. Le PCB croit savoir que le gouvernement de la rupture a déjà abandonné la lutte contre l’impunité : “Et pendant que les grands criminels et pilleurs sont tranquilles et que l’on recycle nombre d’entre eux, l’on pourchasse et écrase les petits vendeurs et commerçants des villes pour occupation illégale des lieux publics, l’on accable les parents d’élèves et d’étudiants par des mesures irrationnelles, on maintient les programmes scolaires et universitaires inadaptés et néocoloniaux.”

DECLARATION A PROPOS DU REGIME DU PRESIDENT TALON:

UNE GOUVERNANCE AUTOCRATIQUE EN ŒUVRE EN OPPOSITION AUX ASPIRATIONS DU PEUPLE

Réuni en plénum ce jour, dimanche 18 décembre 2016, le Comité Central du Parti Communiste du Bénin à l’issue de l’examen de l’évolution de la situation politique et socio-économique du Bénin depuis avril 2016 a adopté la déclaration dont la teneur suit :

Depuis avril 2016, le peuple a cru à la possibilité d’un gouvernement patriotique et de probité, écoutant et prenant en compte ses aspirations, mais il n’a rien vu venir. Et le Comité Central est obligé de constater qu’il a raison.

En effet, vingt-cinq ans d’errements du Renouveau Démocratique dont dix ans du régime de pillage économique et de piétinement des libertés sous Boni Yayi indiquaient que seules des Assises nationales, des Etats Généraux des travailleurs et des peuples débouchant sur un gouvernement patriotique pouvaient sauver le pays. C’est alors qu’eut lieu l’agression politique de notre pays avec l’envoi d’un membre de l’appareil dirigeant français pour prendre la Présidence du Bénin. Une recolonisation directe vue comme telle par les populations du Bénin et d’Afrique.

De janvier à mars 2016, alors que Boni Yayi tentait désespérément de se renouveler au pouvoir à travers Lionel Zinsou, le peuple s’est redressé, s’est ceint les reins et a dit NON ! dans les rues et dans les urnes. Il a battu Lionel Zinsou, Boni Yayi et François Hollande pour imposer la rupture d’avec le système de l’impunité et de la mal gouvernance, la rupture d’avec le pacte colonial. Il était donc en droit de vouloir être maître chez lui et chef de ses gouvernants.

Quand on fait un Président, on est en droit de lui faire faire sa volonté ; quand un peuple désigne un dirigeant, ce dernier est son serviteur. Or, Talon a été fait par le peuple.

Ce peuple que l’on a vu se battre contre la recolonisation sans craindre de perdre des prébendes ou des privilèges. Ce sont, entre autres, les artisans (menuisiers, mécaniciens, vulcanisateurs, couturières, etc.) assis devant leurs ateliers faire campagne contre le colon en interpellant tous les passants ; ce sont les femmes petites vendeuses des marchés, des bords et carrefours de rue, des terre-pleins et des trottoirs chantant pour conspuer le colon.

Ce sont ces « analphabètes ignorants », ce sont les zémidjans qui, en 2016, ont acheté l’essence de leur poche pour aller de village en village mener campagne contre le colon. Ce sont les vendeuses de bord de rue qui, comme à Bohicon, avec leurs maigres économies, ont acheté le balai pour nettoyer le Bénin des souillures des recolonisateurs. C’est la jeunesse, élèves, étudiants, sans-emploi, qui dans son élan et son enthousiasme ont permis l’arrivée du régime actuel.

Partout, ce sont les Rois et dignitaires probes qui ont soutenu la fureur populaire contre la recolonisation. Ils, elles étaient donc en droit d’espérer une petite oreille de la part du gouvernement pour les écouter, écouter ce qu’ils ont refusé à Boni Yayi. Ils ne pouvaient s’attendre à ce qu’on les accable qu’on insulte leur intelligence, leur dignité et leur combat en nommant par exemple un Dassigli que la clameur publique poursuit comme l’un des pires pilleurs des domaines publics réservés pour les marchés de proximité et les lieux de loisirs.

Le peuple était en droit d’espérer que les nombreux crimes politiques et économiques soient punis, que s’épanouissent les libertés publiques, que s’arrête la ruine de l’Ecole avec des programmes coloniaux, que cessent les nominations de remerciement et de placement, les marchés intempestifs de gré à gré, que le contrôle citoyen s’étende avec la généralisation de l’élection des responsables chargés de la gestion du bien public avec leur révocabilité.

Or, à quoi assiste-t-on ?

Les actes de gouvernance de Talon depuis ces huit mois ont consisté à se servir lui-même et à se dresser contre le peuple : règlement des affaires à son propre profit, concentration des projets d’arrêtés, répression de manifestants pour dépassement de « lignes rouges » connues de lui seul, interdiction des organisations d’étudiants, nominations de remerciement, placement des courtisans serviles et zélateurs, répression de hauts fonctionnaires réfractaires. Des médias relayant des points de vue critiques au pouvoir sont supprimés pendant que les journalistes et journaux zélateurs sont promus. Les petits entrepreneurs ou hommes d’affaires sont étouffés et la plupart des marchés sont attribués de gré à gré à des sociétés opaques ou à peine créées.

Au total, le pouvoir de Talon se révèle un pouvoir dictatorial de type césariste ou même des individus n’ayant aucun titre officiel donnent des ordres à des ministres comme naguère Amadou Cissé sous l’autocrate Mathieu Kérékou. Avec Talon, on a comme un patron en face de qui tous les citoyens sont soit des employés, soit des concurrents à affaiblir et éliminer. Le PAG (Programme d’Action du Gouvernement) récemment présenté en un show médiatique mystificateur est à l’image de cette gouvernance.

Le nouveau César révèle au peuple ses potentialités censées n’être connues que de lui. La main basse sur les affaires s’étend : 7086 milliards (soit 78%) sur les 9039 d’investissements prévus sont gérés sous la supervision directe du Président de la République, donnant ainsi l’image qu’en dehors du Chef, l’équipe gouvernementale est réduite au rôle de spectateur ou de garçons de course. L’affairisme effréné au sommet de l’Etat a réduit le Partenariat Public-Privé en un Partenariat Privé-Privé. Même l’administration publique est parasitée par des recrues issues du privé et payées à la carte hors grille !

La « Rupture » est retirée du programme d’action du gouvernement et officiellement abandonnée. Aveu d’incapacité de lutte contre l’impunité. Le « Bénin révélé » par Talon se révèle au peuple et au monde en matière de gouvernance comme « un nouveau départ » du régime de Yayi. Aujourd’hui Dangnivo et Agbossou ? Silence radio! Affaires Cen-Sad, machines agricoles, Ppea2, Maria-gléta, Icc-services. Oubliées ! Et pendant que les grands criminels et pilleurs sont tranquilles et que l’on recycle nombre d’entre eux, l’on pourchasse et écrase les petits vendeurs et commerçants des villes pour occupation illégale des lieux publics, l’on accable les parents d’élèves et d’étudiants par des mesures irrationnelles, on maintient les programmes scolaires et universitaires inadaptés et néocoloniaux.

Pendant que l’on s’empresse de s’emparer de tout ce dont on estime être sevré par le passé et que l’on accapare tout à son seul profit, l’on prêche la patience aux travailleurs et au peuple que la faim tenaille et l’on fait miroiter des mirages aux pauvres et aux faibles que l’on écrase. L’acharnement contre les pauvres et le peuple sont qualifiés de mesures d’assainissement et de rigueur, rigueur que l’on oublie dans la passation des marchés publics, dans la poursuite des pilleurs des réserves administratives et autres biens publics ainsi que dans les nominations clientélistes.

Soit, on peut nous dire qu’on ne distribue pas la pénurie, on ne partage pas la pauvreté. Il faut stimuler la croissance et accumuler des richesses pour les partager. Mais quand l’accumulation se fait dans les poches de quelques individus, la grande majorité laborieuse est réduite à la mendicité.

La souveraineté du pays pour ce gouvernement se résume à aller prendre régulièrement ses instructions à l’Elysée et placer les hommes de la FrançAfrique au contrôle des institutions.

Travailleurs et peuple du Bénin,

Il n’y a donc rien à espérer de la gouvernance de ce gouvernement qui est décidément un gouvernement apatride et vorace, une dictature autocratique en œuvre, empêtré dans des actes contre les intérêts et aspirations du peuple qu’elle entend soumettre et écraser. C’est ce que vous pensez et votre parti, le PCB, le parti des travailleurs et du peuple, vous confirme que vous avez raison.

Une gouvernance autocratique doublée d’un écrasement de ceux qui souffrent et se plaignent est inadmissible aujourd’hui et au Bénin. C’est pourquoi, vous avez raison de mener, à maints endroits des luttes de résistance à la politique de famine, de répression et de prédation. Il ne vous reste qu’à reprendre fermement le chemin de l’organisation des Etats Généraux des combattants et patriotes en vue de l’érection d’un gouvernement patriotique et de probité.

Nous vous entendons déjà vous demander si vous êtes capables de réaliser ce prodige, tant vous êtes malmenés chaque jour par les discours et les journaux à la gloire du nouveau dictateur en œuvre et sur votre incapacité et soi-disant lâcheté.

Mais n’oubliez pas. Vous êtes les fils de ceux- là qui en octobre 1963, ont marché de Porto-Novo à Cotonou et ont destitué un gouvernement apatride. A partir de 1976, c’est de votre sein que sont sortis les premiers communistes que vous avez soutenus, cachés, nourris au prix de votre propre vie face à la répression qui s’est abattue sur eux, et avec qui vous avez vaincu l’autocratie. Vous venez encore de révéler au monde que vous êtes un peuple digne et fier avec le rejet retentissant de la recolonisation et de la continuité du système d’impunité. Le peuple qui a réalisé ces prodiges, ce n’est pas un peuple mythique ou de rêve : c’est vous !

Arrêtez donc de croire ceux qui vous disent que vous êtes un ramassis de peureux ; arrêtez de croire ceux qui vous disent que vous n’êtes que des affamés avides d’os que l’on mène par le bout du nez. Arrêtez de croire ceux qui vous disent que vous êtes un peuple maudit. Ceux qui vous disent cela, ce sont eux qui vous affament, ou encouragent les affameurs et oppresseurs. Arrêtez de les croire et regardez-vous tels que vous êtes, fiers et courageux, héritiers de Kaba, Bio Guera, Béhanzin dont la bravoure dans la résistance au colonisateur est aujourd’hui partout célébrée ; car c’est au nom de ceux-là que vous êtes allés au combat contre le colon et l’avez vaincu.

Maintenant, il s’agit de ne point reculer. Il n’y a point de ligne rouge décidée par un dictateur qui s’impose au peuple. Maintenant nous vous disons : Vous avez raison de penser que seul un gouvernement patriotique et de probité issu des Etats-Généraux du Peuple peut permettre au Bénin de décoller. Nous vous disons, comme par le passé, vous réaliserez vos Etats-Généraux, vous réaliserez ce gouvernement. Le Parti Communiste du Bénin est avec vous.

Non à la gouvernance autocratique et mafieuse de notre pays! Non à l’écrasement du peuple au profit des mafieux ! Au combat donc pour le salut populaire !

Fait à Cotonou, le 18 décembre 2016

Le Comité Central du PCB.



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